Affaire CarPostal

La pression monte sur le président de La Poste 

Des élus réclament la tête du président du conseil d'administration de La Poste, Urs Schwaller, critiqué pour avoir fermé les yeux alors qu'il connaissait les irrégularités au sein de CarPostal en 2016

La pression est montée d’un cran en fin de semaine sur Urs Schwaller, le président du conseil d’administration de La Poste, sous le feu des critiques pour sa passivité dans l’affaire CarPostal. Après la suspension de l’ensemble de la direction de cette filiale du géant jaune, un cercle toujours plus large d’élus à Berne s’interroge sur les responsabilités du conseil d’administration de La Poste dans les subventions indues perçues entre 2007 et 2015.

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Lundi dernier, devant les médias, Urs Schwaller avait admis avoir eu connaissance de problèmes comptables, et manqué de sens critique. De son côté, Doris Leuthard avait affirmé qu’il n’avait rien à se reprocher. De quoi faire bondir certains élus, qui réclament désormais la tête du président. Urs Schwaller a failli à son devoir, il doit se retirer, estime ainsi Thomas Aeschi, président du groupe UDC au Conseil national, dans la presse du week-end. Le Schwyzois appelait aussi de ses vœux le retrait de Susanne Blank, coresponsable de la gestion des risques de La Poste, ainsi que du vice-président du conseil et chargé des audits et de la compliance, Adriano Vassalli. Entre-temps, c’est en partie chose faite: Adriano Vassalli a annoncé son retrait samedi. Il démissionnera le 26 juin prochain, lors de l’assemblée générale de La Poste.

Des irrégularités connues depuis le début de son mandat

Pas sûr cependant que ce nouveau départ apaise les critiques contre Urs Schwaller. Le conseiller national socialiste Philipp Hadorn réclame dans la Sonntagszeitung que l’enquête soit étendue aux années 2016 et 2017, lorsqu’il était en fonction. «Avec son offensive de transparence réalisée du bout des lèvres, le président de La Poste laisse la porte ouverte aux spéculations», estime le journal dominical. Les critiques se basent sur un rapport supplémentaire, publié par le département de Doris Leuthard et celui des Finances. Dans ce document, il apparaît qu’Urs Schwaller était au courant des irrégularités au sein de CarPostal au début de son mandat déjà.

En juillet 2016, peu après son entrée en fonction, le président de La Poste avait en main un rapport évoquant un moyen de contourner, en créant de nouvelles entités administratives, la contradiction entre les gains de CarPostal et l’interdiction de réaliser des bénéfices dans le domaine des transports subventionnés. Or, malgré les informations en sa possession, Urs Schwaller n’a pas réagi. Il est resté en retrait également entre août 2017 – lorsque l’Office fédéral des transports fait part pour la première fois de ses soupçons à la cheffe de La Poste, Susanne Ruoff, licenciée depuis avec l’ensemble de la direction de CarPostal – et l’éclatement de l’affaire en février dernier.

Pour ne rien arranger, l’ex-président du conseil d’administration de La Poste de 2009 à 2010, le PDC Claude Béglé, dénonce une culture d’entreprise propice aux dérives. «Manque de transparence», déférence à la hiérarchie, «non-dit»: «Dans la maison Poste, on pense collectivement, on suit le courant principal, sans se remettre en question», dit-il dans une interview au Matin Dimanche.

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