Outre les suppressions de 650 postes et le retard dans les commandes, Bombardier peine à faire homologuer son matériel auprès des autorités compétentes. Les CFF devront donc s’attendre à des difficultés supplémentaires. Après plus de 230 000 kilomètres de tests, les trains à double étage n’ont toujours pas obtenu les autorisations nécessaires de l’Office fédéral des transports (OFT).

Qui devra payer pour les coûts supplémentaires?

Gregor Saladin, porte-parole, confirme: «Différents certificats pour des systèmes n’ont pas encore été délivrés à l’OFT.» Initialement, les trains auraient dû être approuvés déjà en automne 2016. Mais ils ne s’affichent toujours pas dans la planification des horaires CFF. L’ex-régie fédérale reste prudente et calcule avec l’éventualité d’un retard supplémentaire, selon les informations de la Handelszeitung. Elle dit pouvoir compenser le matériel commandé avec des compositions anciennes jusqu’à fin 2018, au maximum.

A Berne, la pression monte sur le plan politique. Des membres de la Commission des transports et des télécommunications (CTT) réclament plus de transparence dans le dossier. Ulrich Giezendanner (UDC/AG): «Je veux enfin savoir qui devra payer pour les coûts supplémentaires engendrés par ces retards et à combien s’élèvera la peine conventionnelle.» L’entrepreneur s’agace en outre que Bombardier supprime des postes dans le pays où il a remporté la «commande du siècle».

«Un peu de transparence serait bienvenue»

«Nous appuierons les revendications de notre collègue», renchérit le socialiste Jacques-André Maire (PS/NE). Frédéric Borloz (PLR/VD) se montre plus nuancé: «Il n’appartient pas aux parlementaires de faire de la cogestion dans ce dossier. Sauf si des éléments probants devaient montrer que la défense des intérêts helvétiques et de l’argent des contribuables n’était pas respectée.» Pour le savoir, il admet qu’«un peu de transparence serait bienvenue».

Andreas Meyer dans le viseur

La CTT a convoqué Andreas Meyer, directeur des CFF, pour une audition en août. Mais ce dernier a délégué le dossier Bombardier en 2012 déjà à sa collègue de direction, Jeannine Pilloud, responsable voyageurs, écrit la Handelszeitung. Ce sera toutefois au directeur de répondre aux questions des députés. Pour l’heure, l’ex-régie fédérale ne se montre pas plus transparente, que ce soit au sujet de la peine conventionnelle ou des problèmes d’homologation de Bombardier: «Pour l’instant, nous attendons les livraisons et ne faisons pas de commentaires supplémentaires», répond aux questions du Temps Jean-Philippe Schmidt, porte-parole des CFF.

Certains parlementaires menacent déjà ouvertement de demander l’intervention du Contrôle fédéral des finances si en août Andreas Meyer n’en dit pas davantage sur les accords convenus avec Bombardier


Lire également: