L'affaire Nef a écorné la crédibilité de Samuel Schmid dans la population, révèle un sondage. Mais contrairement aux voix médiatiques et politiques qui poussent le conseiller fédéral vers la sortie, les Suisses ne souhaitent pas sa démission.

Quelque 71% des personnes interrogées jugent que le ministre de la Défense ne doit pas se retirer, contre 23%, révèle le sondage représentatif réalisé pour Le Matin dimanche, le SonntagsBlick et Il Caffè.

Elisabeth Kopp s'en mêle

Le conseiller fédéral y laisse toutefois des plumes. Seuls 13% des sondés jugent Samuel Schmid «encore très crédible» et 36% «plutôt crédible». Dans le camp des sceptiques, ils sont 29% à le trouver «plutôt pas crédible» et 17% «pas du tout crédible». Cinq pour-cent ne se prononcent pas. Au total, 602 Suisses ont été interrogés entre le 23 et le 25 juillet, soit avant que le chef de l'armée ne remette sa démission.

En cas de démission du Bernois, son siège doit revenir à l'UDC, estiment 30% des sondés. Selon 12% des personnes interrogées, son successeur doit venir des rangs du Parti bourgeois démocrate (PBD) ou des Verts.

Le président du PDC, Christophe Darbellay, qui est présenté comme un des artisans de la non-réélection de Christoph Blocher en décembre dernier pousse à son tour Samuel Schmid à prendre la porte. Dans le journal dominical Sonntag, Christophe Darbellay considère d'un bon œil un retrait du conseiller fédéral. Par principe, le siège de Samuel Schmid est UDC, indique le Valaisan.

Dans une chronique publiée par Sonntag, l'ancienne conseillère fédérale Elisabeth Kopp, qui a elle-même démissionné en 1989, a lancé un appel à Samuel Schmid pour qu'il se retire. «Le ministre de la Défense a, selon la radicale zurichoise, porté atteinte à l'image de l'armée et a entamé la crédibilité des politiques.»

Succession de Roland Nef

Quant aux révélations sur la vie privée du chef de l'armée, qui se sont soldées par sa démission, elles ont fait du tort à l'institution, estime l'ancien brigadier et professeur émérite Rolf Dubs. Il préconise la création d'une task force qui élabore de nouvelles lignes directrices.

Pour succéder à Roland Nef, Rolf Dubs verrait bien les professeurs et brigadiers Rudolf Grünig et Bruno Staffelbach, confie-t-il dans un entretien à Sonntag. Tous deux s'étaient portés candidats à la succession de l'ancien chef de l'armée Christophe Keckeis.

Selon la NZZ am Sonntag, l'ancien divisionnaire Ulrich Zwygart pourrait être intéressé si toutefois on lui proposait le poste. Favoris en 2007 à la succession de Christophe Keckeis, il a depuis quitté son poste et est passé dans le privé, au sein de la Deutsche Bank à Londres.