En matière de politique d'immigration, l'UDC de Christoph Blocher n'occupe jamais les positions arrière. Le catalogue de propositions qu'elle a rendu public hier va très nettement dans le sens d'un durcissement à la fois de la politique d'asile et de celle de l'admission des travailleurs étrangers. Pour la législation sur l'asile, elle réclame des dispositions d'exécution plus sévères et l'incarcération des requérants qui commettent des délits ainsi que de ceux qui se présentent en Suisse sans papiers.

Comme elle l'avait déjà fait l'an dernier, l'UDC exploite les statistiques de la criminalité pour asseoir sa stratégie. Elle s'inquiète du «tourisme criminel» qui mettrait à sac les régions de Zurich et Olten pour revendiquer des mesures plus sévères à la frontière et l'engagement de l'armée pour contrôler l'immigration clandestine.

Parmi les moyens qu'elle propose pour lutter contre la criminalité commise par des étrangers, elle réclame un contre-projet à l'initiative xénophobe «pour une réglementation de l'immigration». Cette initiative veut fixer la proportion d'étrangers en Suisse à 18% – elle est actuellement de 19,4%. L'UDC ne la soutient pas formellement et ne demande pas de quota d'immigration. Elle préférerait un contre-projet qui impose un délai de 5 à 7 ans avant d'autoriser le regroupement familial et restreigne les autorisations de travail annuelles. «Je ne peux toutefois pas exclure que nous en venions à soutenir l'initiative si notre contre-projet n'était pas accepté», prévient le président du parti Ueli Maurer.

L'UDC n'est pas la seule à songer à un contre-projet. Cette idée a également été évoquée vendredi par la Commission des institutions politiques du Conseil national, qui examinait précisément, en première lecture, l'initiative contre l'immigration.

Elle n'a encore pris aucune décision, mais elle a donné mandat au Département de justice et police de proposer des possibilités de contre-projets indirects dans le but de «trouver des solutions de rechange à la politique migratoire pratiquée actuellement». B. W.