Le prêtre de Bürglen

autorisé à rester

Eglise Accord trouvé avec l’évêché de Coire

Wendelin Bucheli, le prêtre d’Uri qui avait béni un couple de lesbiennes en octobre 2014, ne sera pas puni. L’Eglise l’autorise à poursuivre sa mission dans son village en échange de la promesse de «respecter la doctrine de l’Eglise» et de ne plus jamais accorder sa bénédiction à une union homosexuelle, «ni en public, ni en secret», indique un communiqué publié mardi sur le site de la paroisse. Le curé «regrette d’avoir blessé de nombreuses personnes» et «causé des désagréments» à l’évêque, précise encore le texte.

Son geste avait suscité l’ire de la hiérarchie catholique. Le très conservateur évêque de Coire Vitus Huonder, l’accusant d’avoir «consciemment contredit la doctrine de l’Eglise», avait réclamé la démission de l’abbé en février. Injonction qu’avait aussitôt rejetée l’homme d’Eglise, déterminé à rester à Bürglen, dans la paroisse où il officie depuis une dizaine d’années.

Dans ce petit village de 4000 habitants, l’annonce avait fait l’effet d’une bombe. Pétition, lettre envoyée à l’évêché: les fidèles étaient montés au front pour tenter de retenir et défendre celui qu’ils considèrent comme leur «berger». De nombreuses voix se sont élevées, y compris dans les milieux conservateurs, pour soutenir la décision du prêtre de bénir un couple gay. En mars, l’évêque mandatait le vicaire général Martin Grichting afin de trouver une issue au conflit.

Une certaine déception

S’il soulage Wendelin Bucheli et sa paroisse, l’accord à l’amiable annoncé mardi entre l’évêché et le prêtre de Bürglen déçoit ceux qui espéraient voir les fondations de l’Eglise trembler dans cette bataille. Au contraire, l’Eglise «cimente une posture dont la majorité de la société souhaiterait s’affranchir», regrette Markus Heil, président de «l’initiative des paroisses» qui milite pour une réforme de l’Eglise. Selon l’homme cité par la NZZ: «C’est un petit pas pour le prêtre de Bürglen, mais un grand pas en arrière pour l’Eglise.»