L’esclavage, la torture, le trafic d’êtres humains ou encore l’expulsion de personnes dans des pays où elles sont menacées de torture resteraient interdits par la constitution. Les décisions législatives prises par le Parlement ou le peuple n’y changeront rien, a souligné avec succès Hans-Ueli Vogt, député au Grand-Conseil zurichois et père de l’initiative.

Mais si un traité ou les décisions d’une organisation se développent dans une direction que le corps électoral ne veut pas, cette volonté serait prioritaire. «Nous ne voulons pas que des experts et des juristes de l’ONU ou de l’UE aient plus leur mot à dire que le peuple suisse», a souligné le professeur de droit.

Et de citer le cas de la Convention européenne des droits de l’homme: «La Suisse n’a besoin ni d’un droit international, ni d’un tribunal international pour lui dire comment elle doit protéger les droits de l’homme», a soutenu Hans-Ueli Vogt. «Nous devons décider nous-mêmes de la signification concrète des droits de l’homme et des restrictions qu’on peut y apporter.»

Intitulée «Initiative populaire pour faire appliquer les décisions du peuple - le droit suisse prime sur le droit étranger», le texte a aussi été vigoureusement soutenu par le conseiller aux Etats Peter Föhn (UDC/SZ). «Les Suisses ne sont pas nés pour se soumettre!», a-t-il lancé sous les applaudissements nourris.

Membre de l’exécutif de La Chaux-de-Fonds (NE), Jean-Charles Legrix a comparé la situation de la Suisse à celle de David contre Goliath: «La Suisse doit se battre pour défendre sa souveraineté.» Et d’ajouter: «mieux vaut être seul que mal accompagné.»