C’est fois-ci ça y est; elle est terminée et les bureaux qu’elle abrite ont ouvert leurs portes. Jeudi matin, l’un d’entre eux a convoqué les médias pour un petit-déjeuner plus près des nuages. La Prime Tower de Zurich,désormais la plus haute tour de Suisse, règne sur le quartier de ZüriWest, à l’entrée ouest de la ville. «C’est plus qu’une tour, c’est le symbole d’une coopération fructueuse entre autorités et propriétaires; c’est surtout le signe que l’on peut encore bâtir à Zurich», lançait en 2006 la municipale des Constructions d’alors, Kathrin Martelli.

Cinq ans plus tard, la Prime Tower a atteint 126 mètres. Voulue par Swiss Prime Site, société de placement immobilier elle avoisine la gare de Hardbrücke et symbolise le nouveau visage voulu pour le quartier ouest: on se donne des airs de «city», combinant bureaux, lieux de sortie et lofts. Mais à Zurich, des voix regrettent dans cette urbanisation effrénée la disparition de l’atmosphère industrielle qui a fait l’originalité du lieu. Il n’y a plus d’identité propre hormis le mainstream, entend-on souvent. Et les loyers prennent l’ascenseur.

Fruit d’un investissement de 355 millions de francs, la tour et ses 36 étages a été dessinée par les architectes Gigon/Guyer. Elle est aussi l’expression d’un changement dans la façon de concevoir la construction urbaine, davantage pensée en hauteur dans certains quartiers. Pour l’heure, 97% des espaces ont trouvé locataires pour des bureaux. Un restaurant de luxe chapeaute l’ensemble et sera ouvert à partir de décembre.