Le détail des primes 2003 de l'assurance maladie obligatoire ne sera rendu public que le 4 octobre par Ruth Dreifuss. Il est toutefois déjà clair qu'après avoir déjà augmenté de 9,7% en 2002, les primes enregistreront un nouveau coup d'accélérateur brutal. La hausse moyenne se situera entre 6 et 9%, peut-on déduire de déclarations faites au Tages-Anzeiger par Fritz Britt, le chef de la section maladie au sein de l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS).

Les caisses avaient jusqu'à fin juillet pour transmettre à Berne leurs propositions de primes pour 2003. Confirmant certains signaux émis depuis par divers assureurs, Fritz Britt souligne que la hausse moyenne revendiquée par les caisses se situe à peu près au même niveau que l'an dernier (11,9%). Pas plus que les années précédentes, l'OFAS n'entend toutefois satisfaire intégralement leurs exigences. «Chez nombre d'entre elles», qui disposent encore de suffisamment de réserves, les calculs sont basés sur une «prudence excessive», estime Fritz Britt.

Le fait que les caisses ne puissent plus guère compter sur les revenus de leurs placements pour atténuer les hausses de primes a déjà été pris en compte dans les primes cette année, précise-t-il. En outre, il n'y a plus de «besoin de rattrapage pour des erreurs d'estimation passées». Deux facteurs qui avaient chacun conduit à une hausse de 2% des primes au 1er janvier.

«Hausse moins forte que l'an dernier»

L'OFAS ne croit pas davantage aux hausses de coûts exceptionnelles agitées par santésuisse. La nouvelle réglementation applicable aux comptabilités des établissements médico-sociaux n'entraînera pas d'inflation extraordinaire, estime Hardy Gysin, porte-parole de l'OFAS. Les affirmations des caisses – surcoût de 1,2 milliard dont 400 millions dès l'an prochain – sont jugées «absurdes». Quant au millier de jeunes médecins qui ont déposé une demande d'ouverture de cabinet juste avant que ne tombe le couperet de la clause du besoin en juillet, il est tout sauf sûr qu'ils s'installeront tous effectivement – respectivement que les banques leur fourniront les crédits nécessaires.

Au final, «les primes augmenteront moins fortement que l'an dernier», affirme Fritz Britt. «Elles s'orienteront à nouveau davantage d'après l'évolution des coûts de la santé», précise-t-il. Ces propos qui se veulent rassurants signifient en réalité que la hausse moyenne des primes se situera aux alentours de 9% au maximum, mais «certainement à plus de 5%», précise Hardy Gysin. Bref, elle sera à nouveau très supérieure non seulement au renchérissement et à l'évolution des salaires, mais aussi aux hausses de primes que l'on avait connues avant celle – exceptionnellement forte – de 2002.

Cette situation fournit des arguments à Ruth Dreifuss pour obtenir enfin du Conseil fédéral son accord pour un projet concret d'allégement du fardeau financier des familles. On se souvient qu'une première mouture jugée «pas assez ciblée» (coûtant 450 millions de francs) avait été rejetée par les sept Sages en début d'année. Divers modèles moins coûteux seront discutés par le gouvernement lors de sa séance de rentrée le 21 août ou la semaine suivante, afin que la variante retenue puisse être intégrée le cas échéant dans la 2e révision de la LAMal dont la Commission de la sécurité sociale du Conseil national débattra fin août.