Primes maladie: face à l'initiative socialiste, le contre-projet de tous les dangers
Après avoir soutenu à deux reprises un contre-projet portant sur 2,2 milliards face à l’initiative du PS, le Conseil national cède et finit par entériner la version beaucoup plus modeste concoctée par le Conseil des Etats. Le peuple aura le dernier mot en 2024
En se ralliant au contre-projet du Conseil des Etats, le Conseil national a décidé de ne verser que 350 millions pour alléger le fardeau des primes maladie. A des majorités très nettes, il a écarté deux propositions de la gauche, l’une soutenant le Conseil fédéral et l’autre, du PS, qui voulait investir 1,9 milliard de francs pour amortir le choc de la hausse des primes 2024 qui oscillera entre 7 et 10%. Reste à savoir si cette version congrue sera acceptée par le peuple ou si elle n’ouvre pas un boulevard à l’initiative socialiste, qui estime que la charge des primes ne doit pas dépasser 10% du revenu d’un ménage.
La facture de l’initiative est connue: entre 4 à 5 milliards de francs par an pour les autorités fédérales et cantonales. Impossible à financer, se sont exclamées les deux Chambres, qui l’ont donc rejetée. Mais comme le sujet est hautement sensible, celles-ci ont convenu d’y opposer un contre-projet, un exercice qui a tourné à la partie de tennis de table. Dans un premier temps, le Conseil national, où la gauche a rallié une partie du centre droit à sa cause, a approuvé un contre-projet portant sur 2,2 milliards de francs. En face, le Conseil des Etats a d’abord refusé d’entrer en matière avant de s’accorder sur un montant de 350 millions. C’est ce contre-projet qui s’est imposé ce mardi, cela au nom du fédéralisme, qu’on sait sacro-saint en Suisse.