Les indicateurs sont au rouge. A quelques jours de la présentation des primes d’assurance-maladie pour 2017 par l’Office fédéral de la santé publique lundi prochain, le comparateur en ligne bonus.ch livre de sombres pronostics. Il anticipe une hausse moyenne des primes de 6.5%, supérieure à celle qu’il avait prévue l’année dernière à pareille époque. Finalement, en 2016 comme en 2015, la hausse moyenne s’était établie à 4%.

Forte hausse des coûts de la santé (3,9% selon Santésuisse), mauvaise situation financière de certaines caisses, effets des mécanismes de compensation des risques: ces trois raisons expliqueraient la plus forte croissance du montant des primes.

Fortes disparités

Mais la moyenne de 6,5% cache d’importantes différences. Ainsi la hausse se situerait entre 5% et 6% pour les assurés adultes avec une franchise traditionnelle de 300 francs, tandis que «pour les assurés avec une franchise ou un modèle d’assurance différents, l’augmentation moyenne pourrait varier de plus de deux points par rapport à la moyenne. «Plus de 20% des 200 000 primes-maladie publiées subiront des hausses supérieures à 10%», prédit bonus.ch.

Comme en 2016, les caisses-maladie «low-cost» seront dans le viseur. Assura, par exemple, avait procédé à d’importantes adaptations dans certains cantons et pour les enfants notamment. Globalement, la hausse avait été de 9,3% en moyenne nationale, mais à Neuchâtel, où la caisse couvre environ la moitié des assurés, l’augmentation de la prime traditionnelle – celle avec une franchise de 300 francs pour un adulte comprenant l’assurance accident – s’était élevée à 8,2%, la plus forte jamais enregistrée. Le Jura avait été touché à hauteur de 7,4%.

Réponses urgentes

Malgré la grogne qui s’annonce, le Conseil national a décidé de ne pas débattre de manière urgente de l’explosion des primes. Les interpellations ont été transformées en questions, auxquelles le Conseil fédéral répondra la semaine prochaine. De son côté, le Conseil des Etats a refusé de plafonner la charge de l’assurance maladie à 10% du revenu: les sénateurs préfèrent laisser aux cantons la liberté de fixer des limites.


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