Corine Mauch , socialiste, 49 ans

Madame la maire, la première femme à présider la ville de Zurich, n’a pas eu un départ facile. Même si elle a dit d’emblée que le style allait changer, elle est encore mesurée à l’omniprésent Elmar Ledergerber. Quelques maladresses dans ses apparitions publiques ont incité le Tages-Anzeiger à lui reprocher systématiquement d’être trop en retrait et de ne pas sentir le pouls de la ville. En dix mois, elle n’a pas encore pu imposer sa griffe, ni eu le temps de lancer de grands projets. Elle a su toutefois trouver une solution pour assurer le financement de la salle de théâtre du Schiffbau, dans le quartier industriel de la ville.

Ruth Genner , verte, 54 ans

L’ancienne présidente du parti suisse des Verts, après plusieurs tentatives de se faire élire dans un exécutif, arrive à la Municipalité en été 2008. Elle dirige le département du trafic, des espaces verts et du recyclage. Un dicastère presque en or pour une écologiste. Ses propres troupes lui reprochent toutefois de ne pas en faire assez pour les cyclistes. Elle a été tenue responsable des problèmes de circulation suite à l’ouverture de plusieurs gros chantiers l’été dernier. Après les attaques des commerçants du centre ville, elle a été contrainte de faire recompter le nombre de places de parc effectivement disponibles. Ruth Genner, qui ne brille pas par ses talents rhétoriques, ne se laisse pas démonter par les critiques et continue à administrer.

Martin Waser , socialiste, 55 ans

Entré en 2002 à la municipalité au département du trafic, on le voyait bien briguer la mairie après Elmar Ledergerber. Cet ancien enseignant a surpris tout le monde en 2008 en reprenant le département des affaires sociales après la démission de Monika Stocker en cours de législature. Moins émotionnel, les attaques répétées de l’UDC envers la trop grande générosité de l’aide sociale s’émoussent sur son calme parfois sec. Il est arrivé à réorganiser les compétences dans l’aide sociale de la Ville sans provoquer de conflits majeurs. Sans effet de manche, il défend la politique sociale d’une Zurich rouge-verte. L’été dernier, il a été freiné par des problèmes de santé: un dysfonctionnement de la glande thyroïde avait entraîné des palpitations cardiaques.

Martin Vollenwyder , libéral-radical, 56 ans

Directeur des finances depuis 2002, ce bon vivant à la langue bien pendue jouit d’une popularité bien au-delà de son parti. Son attitude de roc dans la tempête depuis le début de la crise financière y contribue grandement. La Ville, grâce à ses réserves, peut résister à trois mauvaises années, a-t-il coutume de dire. Il a ainsi entamé sans état d’âme le capital propre. Et averti qu’il ne fallait pas compter sur lui pour baisser les impôts. Son optimisme a été récompensé, puisqu’il est arrivé à présenter des comptes 2009 tout juste équilibré. S’il l’avait voulu, il aurait pu briguer sans autre la mairie. Mais il ne veut pas être le porte-parole d’une majorité rouge-verte. Cet ancien directeur de banque membre d’une corporation de la ville ne fait pas mystère non plus de son aversion envers toute collaboration avec l’UDC, tant que ce parti force sur les recettes populistes.

Andres Türler , libéral-radical, 52 ans

Entré en 2002 à la Municipalité où il dirige le Département des services industriels – les très puissants trams, l’énergie et les communications – Andres Türler est un homme discret. Son engagement pour un modèle de société à 2000 watts et une sortie de l’énergie nucléaire d’ici 2045 – accepté en votation populaire en 2008 – lui vaut dans son camp une réputation de vert. Il s’en défend, argumentant qu’il a permis d’éviter que la ville de Zurich ne vende ses participations dans la centrale nucléaire de Gösgen. Son projet de raccorder tous les ménages à la fibre optique aux frais de la ville est plus contesté. Entre-temps, un accord a été trouvé avec Swisscom qui assumera un quart des coûts.

Gerold Lauber , PDC, 53 ans

Il est le Municipal que l’on oublie toujours parmi les neuf membres de l’exécutif. Pas seulement parce qu’il est fluet. En tant que PDC, il disparaît régulièrement entre le bloc rouge-vert et les libéraux-radicaux. Une position qui ne semble pas le gêner puisqu’il a fait campagne sous le slogan: «Extrêmement au centre.» Chef des écoles depuis 2006, il a dû affronter lors de sa première année le cas très douloureux et très médiatisé du viol collectif d’une élève à Seebach. Sa marge de manoeuvre pour des innovations scolaires est faible. Il est pris en sandwich entre le canton, qui détermine les grilles de programme, et les commissions scolaires de la ville, autorités élues qui sont compétentes pour la direction des établissements scolaires. Il lui reste la possibilité de mettre quelques accents, comme le projet de casse-croûte sain dans les cours de récréation.

Urs Egger , libéral-radical, 54 ans, nouveau

Ce docteur en agronomie, qui dirige Swisscontact, l’œuvre d’entraide de l’économie privée, n’a pas le profil d’un radical de la Bahnhofstrasse. Très attaché à son quartier de Seefeld, il préside le club de foot local et est aux premières lignes pour combattre la «gentrification» de cette zone au bord du lac toujours plus prisée. Il brasse sa propre bière, servie dans le restaurant que sa femme possède. Il est également membre du conseil d’administration de myclimate. Président du parti radical de la ville de Zurich depuis 2004, il ne siège que depuis 2006 au législatif de la ville. Plutôt sec dans ses explications, il est un travailleur solide.

André Odermatt, socialiste, 49 ans, nouveau

Siégeant depuis 15 ans au Parlement de la ville, qu’il a déjà présidé, il a la réputation d’un bosseur que rien ne fait sortir de ses gonds. Il ne possède pas de permis de conduire par conviction, et milite dans le groupe d’intérêt Pro Velo. Ses thèmes de prédilection sont l’énergie, la politique du logement, et l’extension des pistes cyclables. Issu d’une famille socialiste des quartiers du nord de la ville, il a d’abord travaillé comme instituteur, avant de faire un doctorat en géographie. Il est actuellement maître assistant à l’université de Zurich. De par sa formation, il est très intéressé aux questions d’urbanisme. Il a publié notamment sur les changements dans le quartier de la Langstrasse. Il se verrait bien reprendre le département des constructions de Kathrin Martelli.

Claudia Nielsen, socialiste, 47 ans, nouvelle

Ses opposants disent d’elle qu’elle veut toujours avoir le dernier mot. Ou qu’elle est trop dogmatique. Siégeant depuis 1994 au Parlement de la ville, elle n’hésite pas à se servir de sa langue acérée pour répliquer à l’UDC. Née en Afrique du Sud, où elle est retournée comme jeune adulte, elle ne supporte pas les commentaires en dessous de la ceinture sur d’autres nations ou religions, a-t-elle expliqué. Cette docteure en économie a été de 2001 à 2008 présidente du conseil d’administration de la Banque alternative. Elle dirige un bureau de conseils et de médiation pour entreprises. Elle parle plusieurs langues dont l’arabe et le swahili.

Daniel Leupi , Vert, 44 ans, nouveau

Il est connu sous le nom de Mister Velo. Il a même fait de la défense des cyclistes sa profession, en tant que copropriétaire du «Velobüro» à Olten. Il organise notamment les journées slow-up dans toute la Suisse. Titulaire d’une licence en sciences politiques, il siège depuis 2002 au Parlement de la ville, où ses interventions ont souvent pour cible les déficits des pistes cyclables. Il a été également l’architecte du projet de société à 2000 watts, que les Verts ont fait avancer avec une initiative populaire, avant de se rallier à un contre-projet. Présidant le groupe Vert au Parlement, il a ranimé la collaboration entre les écologistes et les socialistes. Ce qui ne l’empêche pas à l’occasion de s’allier aux PDC et libéraux-radicaux pour assurer de meilleures chances à ses propositions.

Susi Gut , parti pour Zurich, 49 ans

Susi Gut aimerait devenir la «mère de Zurich», la «Stadtmutter». Actuellement au parlement, cette enseignante de gymnastique cultive sa proximité du peuple. Sans guère de profil politique, elle aspire à être élue maire en lieu et place de Corine Mauch et se présente comme l’alternative bourgeoise que les libéraux-radicaux n’ont pas eu le courage d’avancer. Elle a créé son parti actuel, son troisième, en 2006 après avoir tourné le dos à l’UDC. Si le Parti pour Zurich se maintient difficilement au parlement, il peut cependant se vanter de deux victoires remarquées: en 2007 il réussit par référendum à empêcher l’installation du «Club de Rome» à Zurich et l’automne dernier il coule le budget prévu pour une installation d’art contemporain très médiatisée à Zurich.

Karl Zweifel, UDC, 54 ans

Il était inconnu de tous ou presque début janvier. Il a suffi d’une déclaration pour que ce candidat aux allures de chevalier, chirurgien de profession, occupe les pages des journaux. Lors d’une conférence, il laisse entendre que des «traîtresses» comme la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf auraient été «écartelées» au Moyen-Âge. La déclaration fait sensation; il parle d’une mauvaise compréhension. À part ça, son profil politique se démarque difficilement de la ligne habituelle de l’UDC zurichoise. Il croit en la force de l’individu et dénonce l’émigration «excessive» ou encore les ennemis du trafic motorisé. Détail relevé par la Neue Zürcher Zeitung: le candidat UDC parle souvent de lui à la troisième personne. Son passe-temps? La philosophie.

Mauro Tuena, UDC, 38 ans

Ce technicien en informatique n’en est pas à son premier essai d’une entrée à l’exécutif de Zurich. À 38 ans, ce «Chrampfer» (dur travailleur), bon vivant, fait sa route depuis de longues années dans la politique locale, toujours, dit-il, en sachant garder du temps pour un cigare et ses amis. Il dirige le groupe UDC au parlement. Cet élément de l’aile dure du parti, jamais avare en expressions percutantes, s’est très engagé dans la campagne contre l’ancienne responsable des affaires sociales Monika Stocker et la chasse aux abus de l’aide sociale. Cela n’a pas convaincu pour permettre à l’UDC de retrouver place dans un exécutif qui le boude depuis vingt ans. Candidat en 2008 pour remplacer précisément Monika Stocker, Mauro Tuena a dû s’avouer vaincu face à une autre femme verte, Ruth Genner.