Vaud

Les priorités d'un gouvernement de gauche

Le conseil d'Etat vaudois présentait mercredi son programme de législature. Dans leurs mandats respectifs, les sept ministres travailleront à préserver la qualité de vie des habitants, à renforcer leurs compétences numériques et à lutter contre la radicalisation

Au sein d’un chantier qui n’est pas terminé, dans les murs du château cantonal, le gouvernement vaudois posait mercredi les bases politiques des cinq années à venir. Le retour des autorités sur la colline de la Cité lance une nouvelle législature à majorité de gauche qui se fera sous le signe de la cohésion, de l’ouverture et de la protection. Les objectifs de ce «pacte gouvernemental», comme l’appelle la nouvelle présidente du Conseil d’Etat Nuria Gorrite, visent à préserver la croissance économique «très prospère» du canton, en gardant un œil sur ceux qui n’en profitent pas. «Les exclusions et les ruptures peuvent mener à des replis identitaires», a-t-elle averti.

«Nous agirons pour l’employabilité des Vaudois en luttant contre l’illettrisme numérique»

Tour à tour, chaque ministre a présenté trois combats qu’il comptait mener en mentionnant presque systématiquement la transition numérique que le Conseil d’Etat a décidé de mettre dans ses priorités. Dans le cadre de son soutien à l’innovation, l’Etat créera une plateforme commune avec le monde du travail pour identifier les nouveaux métiers dans le domaine numérique et une autre pour renforcer les compétences en matière de lutte contre la cybercriminalité, a annoncé Philippe Leuba.

«L’Etat a un rôle concret à jouer dans cette transition numérique afin de favoriser les emplois de demain, tout en régulant cette nouvelle économie», reprend Nuria Gorrite. «Nous poserons des conditions-cadres pour que les nouveaux entrepreneurs paient eux aussi des impôts, des charges sociales, des salaires, etc. Nous agirons pour l’employabilité des Vaudois en luttant contre l’illettrisme numérique».

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Augmenter la réinsertion socioprofessionnelle

Le doyen Pierre-Yves Maillard profite de son assise pour renforcer sa politique sociale. Il vise la création d’un millier de places de stages et d’apprentissage dans les secteurs privés et publics pour renforcer l’insertion des jeunes. Il créera également un millier d’emplois de durée déterminée pour stimuler l’embauche des chômeurs de 50 ans et plus.

Cesla Amarelle, qui se prête pour la première fois à l’exercice, appuie sur «la force de la relation humaine» au sein du département de la formation. «C’est dans cet esprit que nous continuerons à appliquer la LEO (loi sur l’enseignement obligatoire)». La nouvelle ministre travaillera à ce que la population soit davantage certifiée en développant «l’intérêt des jeunes pour la certification professionnelle dès la scolarité». Son objectif est qu’aucun élève ne sorte de l’école sans solution. Elle aussi tiendra compte de l’évolution numérique en développant une culture générale de la numérisation dans l’ensemble du système de formation.

Lutter contre le radicalisme

«L’un des points forts de la législature sera la lutte contre la radicalisation et les extrémismes» a affirmé Béatrice Métraux, cheffe des institutions et de la sécurité. Cela passera par l’affirmation des valeurs démocratiques, en particulier le principe de l’égalité hommes-femmes. Mais aussi, dans la mesure nécessaire, en adaptant le cadre législatif et réglementaire pour poser des limites en matière de signes distinctifs et de prosélytisme. La formation des policiers sera adaptée aux risques terroristes et un réseau interdisciplinaire permettra aux départements de partager des informations sur les cas à risques. Béatrice Métraux a aussi redit sa volonté d’accroître la participation des jeunes à la vie politique et publique.

L’annonce de la ministre PLR Jacqueline de Quattro d’établir un plan climat cantonal pour réduire les émissions de CO2 a immédiatement été saluée par les Verts. «Notre dynamisme économique passe par notre façon de vivre ensemble, donc par un développement territorial harmonieux», a-t-elle rappelé.

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