«La collaboration régionale dans le domaine des soins ne fonctionne pratiquement plus. Il est temps de la réanimer.» Dans son rapport de rentrée, le conseiller d'Etat Pierre-François Unger a rappelé, lundi, les six objectifs qu'il s'est fixé pour la législature en cours. En charge du Département de l'action sociale et de la santé (DASS) depuis décembre 2001, le magistrat PDC a ainsi souligné l'importance de développer une véritable collaboration entre les cantons romands, mais aussi avec le Tessin et la France voisine. «Nous devons développer des pôles de référence et des pôles de proximité. Aujourd'hui, il est par exemple absurde de pratiquer les mêmes greffes au CHUV de Lausanne et aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).»

Dans cette perspective, le conseiller d'Etat envisage une approche différente de celle adoptée par son prédécesseur, Guy-Olivier Segond, pour mettre en place le Réseau hospitalo-universitaire de Suisse occidentale (RHUSO). A ses yeux, le fait d'avoir voulu réduire la collaboration aux seuls établissements universitaires explique l'échec du RHUSO. Pour Pierre-François Unger, «il faut donc l'étendre à d'autres hôpitaux qui eux aussi peuvent avoir des domaines d'excellence».

Coordonner les prestations sociales. Opposé au Revenu minimum de réinsertion refusé par les Genevois en mars dernier, le patron du DASS entend mettre de l'ordre dans l'octroi des prestations sociales. Il entend clairement s'orienter vers un revenu unique déterminant, d'autant qu'aujourd'hui il existe plus de dix modes de calcul différents pour accorder des prestations sociales. «Le revenu fiscal n'est pas toujours représentatif de la capacité économique des citoyens», explique le magistrat.

Améliorer l'intégration des personnes handicapées. Après les déboires des institutions privées spécialisées dans l'accueil des personnes handicapées, comme Clair Bois ou Cressy Bien-Etre, le patron de la Santé juge nécessaire de ne plus laisser l'intégration des handicapés dans les mains du seul secteur privé. Il prévoit d'examiner les modalités de financement des établissements qui se chargent de l'accueil.

Réorganiser les Centre d'action sociale et de santé (CASS). L'objectif de la législature est de rendre les 22 Centres d'action sociale et de santé plus efficients en leur donnant davantage de compétences par une décentralisation de l'action publique. Le défi consistera à maintenir l'identité de ces centres et de coordonner au mieux le travail des instances impliquées dans leur gestion.

Simplifier l'organisation sanitaire. Aujourd'hui, six à sept lois et près de 700 articles régissent le domaine de la Santé à Genève. Le DASS vise dès lors à élaborer une loi-cadre qui mette davantage l'accent sur la trajectoire des patients que sur les structures.

Développement du Réseau communautaire d'informatique médicale. Par ce projet, le canton de Genève vise à faciliter l'accès aux données relatives au patient par le biais d'un «trousseau de clés» que ce dernier donne ou ne donne pas à son prestataire de soins. Pierre-François Unger compte dans cette optique pouvoir collaborer avec le canton du Tessin, mais bénéficier aussi de l'appui de la conseillère fédérale Ruth Dreifuss, à laquelle il a présenté le projet.