L’octogénaire qui avait requis l’aide d’Exit pour se suicider a finalement mis fin «seul» à ses jours, indique vendredi l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (Exit). Dans son communiqué, l’association estime que «la lenteur de la justice, qui a tenté la dissuasion par une procédure ralentie à dessein, l’a poussé à mettre fin à ses jours dans la solitude».

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Procédure de suicide suspendue

Saisissant la justice, ses frères étaient parvenus à faire suspendre l’injection de la dose létale, le 14 octobre, soit 4 jours avant la date retenue. Ils estimaient que leur frère aîné était «dépressif», que sa capacité de discernement demeurait réduite. L’intéressé, lui, contestait une démarche qu’il qualifiait de «prise d’otage» – termes rapportés par l’avocat d’Exit Me Yves Grandjean, à l’issue d’une audience du Tribunal civil se déroulant partiellement à huis clos.

Public et médias n’avaient été autorisés à assister qu’aux plaidoiries des avocats des deux parties, en l’absence de la fratrie. Depuis, la justice n’avait pas rendu sa décision, suspendant toujours l’administration du mortel penthiobarbital de sodium. Les deux frères avaient porté plainte contre Exit, estimant que leur frère n’était pas en fin de vie.

Le Tribunal civil de Genève n’avait donc pas tranché sur le fond, mais les juges avaient interdit provisoirement à Exit de prescrire la potion létale à l’aîné âgé de 82 ans, membre de l’association depuis 1995.

Procédure pénale toujours en cours

Contacté, l’avocat des deux frères, Me Membrez indique que cette procédure civile va s’éteindre. «Par contre, nous avons déposé une plainte pénale auprès du Procureur général genevois, pour «omission de prêter secours», article 128 du Code pénal, renchérit l’avocat. Nous reprochons toujours à Exit de n’avoir proposé aucun soin thérapeutique au frère de mes clients».