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D’ici à 2020, le site de Beaulieu verra arriver de nouveaux locataires et élargira sa palette d’activités. Jusqu’à devenir un quartier de l’innovation?
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Lausanne

Privé de sa tour Taoua, Beaulieu présente son plan B

Le palais de Beaulieu ne mise plus que sur ses foires. Ses nouveaux partenaires intra muros sont l’école de soins infirmiers La Source et le Tribunal arbitral du Sport

«On a changé de siècle, de millénaire, il était temps de donner une nouvelle vie au Palais de Beaulieu», s’est exclamé mercredi avec enthousiasme le président de la Fondation Beaulieu, Gustave Muheim, en présentant le renouveau du projet de Beaulieu 2020. En 2014, le refus de la tour Taoua par les Lausannois avait mis à l’eau le projet de modernisation du site. Depuis, la Fondation se trouvait face à un défi majeur: comment redonner vie au site de Beaulieu?

L’engouement de Gustave Muheim cache une réalité moins ambitieuse. Loin d’une réorganisation fondamentale, la «nouvelle vie» du Palais s’inscrit plutôt dans une logique de remplissage disparate de ses locaux et se contente de combler les pertes locatives importantes de ses 60 000 m2 d’exposition.

Un salon du vin

L’an dernier, l’exploitant, le groupe MCH, avait annoncé se désengager des activités de congrès et de théâtre, pour se concentrer sur les foires et salons. Mercredi, il dévoilait la venue d’un salon du fitness en octobre et, l’an prochain, un salon sur le thème du vin et un autre sur le sport.

Le contrat qui lie MCH à Beaulieu court jusqu’en 2021. D’ici là, de nouveaux partenaires entreront dans les murs. La grande salle de congrès «Lausanne» comprenant 1200 places, peu utilisée, va disparaître et l’espace sera mis à la disposition de l’école de soins infirmiers La Source, qui se cherche de nouveaux locaux. Deux auditoires, quinze salles de cours et un hôpital simulé s’installeront dans le Palais de Beaulieu.

Beaulieu, c’est aussi son théâtre, qui, avec ses 1850 places est le plus grand de Suisse. Récemment, un partenariat a été signé avec la société de production Opus One. Après six mois d’exploitation, son directeur Vincent Sager se réjouit d’avoir accueilli la comédie musicale «Mamma Mia!», vue par près de 20’000 personnes. Il espère attirer chaque année un grand rendez-vous de ce type.

Un théâtre pour le Béjart Ballet

Le Béjart Ballet Lausanne s’étendra sur le site de Beaulieu. Il disposera d’un nouveau théâtre de 140 places pour permettre au chorégraphe Gil Roman de présenter certains travaux et de créer dans des conditions de spectacle. Un restaurant ouvrira dans le Palais de Beaulieu, en remplacement de l’ancien restaurant du Rond-Point. Enfin, le Tribunal arbitral du sport (TAS), à l’étroit dans ses locaux proches du CHUV, déménagera dans la partie sud du Palais.

L’accueil de ces nouveaux locataires et la nécessaire rénovation du théâtre et de la partie sud du bâtiment principal entraîneront plusieurs chantiers. Les travaux seront échelonnés: ils débuteront cet été et dureront jusque vers 2020.

Trouver un équilibre financier

Faut-il encore conserver un centre d’expositions au cœur du fourmillement urbain? La question refait surface depuis vingt-cinq ans et l’évolution du secteur est pleine d’incertitudes.

«La priorité pour la Fondation de Beaulieu était de rétablir un équilibre financier. La solution trouvée me semble assez intelligente», explique Daniel Brélaz, syndic de Lausanne «pendant encore un mois et demi», rappelle-t-il à ceux qui l’auraient oublié. «Il n’y a jamais eu de «belles années Beaulieu». Les centres de congrès fonctionnent toujours avec des subventions car un lieu d’exposition n’est pas rentable. Les congrès ne rapportent pas, mais aident à l’image d’une ville».

Et ensuite? «Il faudra du temps et des changements de génération pour que soit possible un véritable renouveau», pressent Benoît Gaillard. Le président du PS lausannois rêve à moyen terme d’un quartier de l’innovation à l’emplacement du site du Comptoir suisse. Un lieu qui réunirait des start-up et des logements du futur, où vivrait et travaillerait la «classe créative». «Le non à la tour Taoua ne doit pas être interprété comme une volonté de statu quo. L’espace de réflexion reste ouvert».

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