Prix du lait

Prix du lait: les agriculteurs adressent un ultimatum aux distributeurs

Les producteurs exigent une hausse immédiate du tarif du lait. Des actions sont aussi envisagées

La Suisse n’est pas la France. Ce n’est pas demain que les producteurs de lait bloqueront les axes routiers. Quoique… Mardi matin, la voix de Hans Frei, vice-président de l’Union suisse des paysans (USP), tremblait. Lors d’un point de presse à Berne, il a évoqué sa propre situation: avec son acheteur, il s’est mis d’accord sur une quantité de lait à livrer. Il obtient un prix moyen de 54,9 centimes le litre, soit en dessous du prix indicatif (65 ct). Plusieurs déductions, liées au marché et au franc fort, diminuent encore sa paie d’en moyenne 3 centimes par litre. Ce n’est plus tenable, estime-t-il, parlant d’une perte de plus de 1000 francs par mois.

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Désormais, c’est donc l’ultimatum

Après des années à se serrer la ceinture, les organisations agricoles ont ainsi décidé de passer à l’action. Elles lancent un ultimatum aux acheteurs afin qu’ils respectent immédiatement le prix indicatif. Car le tarif de 65 centimes est un minimum, clament-elles. Il couvre tout juste les coûts, sans tenir compte de la rémunération pour le travail du producteur.

En 2015: Le franc fort secoue le marché du lait

Président de l’Union suisse des paysans, Markus Ritter justifie cette action: la situation sur le marché international du lait s’est améliorée et les prix sont orientés à la hausse depuis l’été dernier; en Suisse, les quantités de lait livré sont en recul, il n’y a donc pas de surproduction.

Des chiffres alarmants

D’ailleurs, les chiffres seraient plutôt alarmants: la production de lait est la principale filière de production de l’agriculture suisse. Elle fait sa fierté. Or, chaque année, environ 4% des producteurs – et ils sont 20 000 environ – jettent l’éponge. Il y a chaque année près de 10 000 vaches en moins dans les prairies helvétiques. «Est-ce que tu coules encore?»: dans les milieux agricoles, c’est la question qui revient le plus fréquemment. «Nous n’avons jamais vécu pire situation», lance encore Markus Ritter.

L’Union suisse des paysans, fort bien représentée au parlement, ne quémande pas de soutien supplémentaire à la Confédération. Elle a surtout insisté mardi sur la responsabilité des acheteurs. Son comité directeur se réunit ce vendredi pour étudier une série d’actions possibles afin de se faire entendre.

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