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A la Olma de St-Gall, les agriculteurs présentent leur plus belles vaches. Mais ça ne paie plus!
© Keystone/Gian Ehrenzeller

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Prix du lait: les agriculteurs adressent un ultimatum aux distributeurs

A la peine, les producteurs exigent une hausse immédiate du prix du lait. Des actions sont aussi envisagées

La Suisse n’est pas la France. Ce n’est pas demain que les producteurs de lait bloqueront les axes routiers. Quoique… Mardi matin, la voix de Hans Frei, vice-président de l’Union suisse des paysans (USP), tremblait. Lors d’un point de presse à Berne, il a évoqué sa propre situation: avec son acheteur, il s’est mis d’accord sur une quantité de lait à livrer. Il obtient un prix moyen de 54,9 centimes le litre, soit en dessous du prix indicatif (65 ct). Plusieurs déductions, liées au marché et au franc fort, diminuent encore sa paie d’en moyenne 3 centimes par litre. Ce n’est plus tenable, estime-t-il, parlant d’une perte de plus de 1000 francs par mois.

En vidéo: Quelles solutions face à la crise de l’agriculture

Désormais, c’est donc l’ultimatum

Après des années à se serrer la ceinture, les organisations agricoles ont ainsi décidé de passer à l’action. Elles lancent un ultimatum aux acheteurs afin qu’ils respectent immédiatement le prix indicatif. Car le tarif de 65 centimes est un minimum, clament-elles. Il couvre tout juste les coûts, sans tenir compte de la rémunération pour le travail du producteur.

En 2015: Le franc fort secoue le marché du lait

Président de l’Union suisse des paysans, Markus Ritter justifie cette action: «la situation sur le marché international du lait s’est améliorée et les prix sont repartis à la hausse depuis l’été dernier. En Suisse, les quantités de lait livré sont en recul, il n’y a donc pas de surproduction».

Des chiffres alarmants

D’ailleurs, les chiffres seraient plutôt alarmants: la production de lait est la principale filière de production de l’agriculture suisse. Cet or blanc fait sa fierté. Or, chaque année, environ 4% des producteurs – et ils sont 20 000 environ – jettent l’éponge. Il y a chaque année près de 10 000 vaches en moins dans les prairies helvétiques. «Est-ce que tu coules encore?»: dans les milieux agricoles, c’est la question qui revient le plus fréquemment. «Nous n’avons jamais vécu pire situation», lance encore Markus Ritter.

L’Union suisse des paysans, fort bien représentée au parlement, ne quémande pas de soutien supplémentaire à la Confédération. Elle a surtout insisté mardi sur la responsabilité des acheteurs. Son comité directeur se réunit ce vendredi pour étudier une série d’actions possibles afin de se faire entendre.

Lire aussi: L’agriculture s’adapte aux règles de l’OMC

Chez les transformateurs, on voit les choses différemment. L’entreprise Cremo par exemple, basée à Villars-sur-Glâne (FR) n’entend pas modifier sa politique dans l’immédiat. «65 centimes le litre est un prix indicatif. Comme son nom l’indique, il sert de base de négociations avec les producteurs», explique Thomas Zwald, son secrétaire général. Les fluctuations découlent de plusieurs facteurs: la réalité du marché d’un côté, la qualité du lait livré de l’autre, notamment sa teneur en graisse et en protéine. Autant d’éléments qui font qu’à Cremo, le prix moyen du litre de lait de central acheté dépasse à peine les 60 centimes. «Chaque producteur perçoit un montant différent», précise encore Thomas Zwald.

Le secrétaire général rappelle que Cremo aussi souffre de la situation. «2016 n’a pas été une bonne année, lance-t-il. Pour un chiffre d’affaires de plus de 500 millions de francs suisses, nous n’avons dégagé que 330’000 francs suisses de bénéfices. Nous sommes aussi mis sous pression par les distributeurs, qui eux-mêmes sont mis sous pression par les consommateurs et le tourisme d’achats notamment».

Du côté des grandes enseignes, Coop a décidé récemment d’adapter ses prix d’achat à la hausse. Migros salue pour sa part l’intervention de l’Union suisse des paysans. «Elle va dans le bon sens», estime Tristan Cerf, son porte-parole, qui précise que Migros, via sa filiale Elsa, paie déjà le lait 10% de plus que la moyenne des transformateurs helvétiques. Et d’ajouter deux autres sources d’inquiétudes en plus du tourisme d’achats: la baisse de la consommation de lait et la concurrence en Suisse même de produits laitiers importés.

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