«Le manque de moyens humains et matériels explique au moins en partie la planification insuffisante de la réforme.» Dès son introduction, le bilan intermédiaire d'EVM n'oublie pas de soulever le problème des ressources à disposition. Il y revient à plus d'une reprise, toujours pour déplorer leur insuffisance, mais sans avancer le moindre chiffre. Un audit est en cours. En attendant, dit le document, «il n'est pas possible de savoir si les projections de la simulation de 1996 sont tenues». Une simulation qui promettait une opération blanche, devenue bien peu crédible.

Pour Francine Jeanprêtre, il n'est pas question de reposer la question à la lumière des économies que réclame le déficit alarmant de 390 millions annoncé mardi par l'Etat de Vaud. «S'il y a une exigence pour l'avenir, c'est bien de donner à la formation les moyens dont elle a besoin. J'espère que le Conseil d'Etat, qui doit définir prochainement ses priorités, le comprendra.» La cheffe du DFJ estime qu'il n'est pas possible d'avancer davantage dans la réforme si les moyens devaient diminuer. Président de la Société pédagogique vaudoise, Jacques Daniélou tient un langage proche: «La question des effectifs est au cœur des difficultés relevées.» Dans d'autres rangs, l'accueil réservé aux doléances financières est glacial: «Il faut cesser de s'abriter derrière le seul argument politique du manque de moyens pour justifier ce qui ne va pas», estime le Parti libéral dans un communiqué.

Sur l'ensemble du bilan, les avis varient suivant le spectre politique. Le Parti socialiste salue une «vision nuancée», alors que le secrétaire des radicaux, Nicolas Imhof, dénonce «un document peu clair». Les libéraux y voient la confirmation «du fonctionnement consternant du DFJ». En pleine réorganisation, la direction de l'enseignement obligatoire aura fort à faire pour rétablir une concorde autour de l'école.