Dernier espoir pour le politique de reprendre le contrôle de la situation, la médiation sur le régime des atterrissages à l'aéroport de Zurich n'a pas encore dépassé le stade des manœuvres d'approche. Vendredi soir, l'équipe de quatre préparateurs à l'œuvre depuis neuf mois réunira pour la première fois tous les partenaires concernés – plus de 200 acteurs, représentant plus de 100 groupes de pression ou autorités, dont le conseiller fédéral Moritz Leuenberger et la conseillère d'Etat zurichoise Rita Fuhrer.

Le but de cette assemblée générale est, d'une part, une mise en forme: les divers groupes d'intérêt qui se combattent par tous les moyens – y compris judiciaires – depuis des mois, commencent symboliquement par s'asseoir à la même table. Mais les invités doivent également désigner un groupe de coordination de 15 personnes chargé d'élaborer d'ici la fin de l'année un «contrat de médiation» définissant le mandat définitif et le mode de travail auquel doivent souscrire tous les participants. C'est la condition pour que la procédure, lancée par la Confédération, le canton de Zurich et la société exploitante de Unique Airport, puisse véritablement commencer. D'ici là, toutes les manœuvres et tous les coups de théâtre sont encore possibles, y compris la décision de renoncer à une médiation parce que les positions sont trop inconciliables. Les deux points les plus contestés seront sans aucun doute le maintien ou non du régime des approches par le sud et un plafonnement des mouvements aériens.

A quelques jours de la première séance constitutive, l'ambiance est plutôt morose. Premier signe de mauvais augure, les Allemands manquent encore à l'appel. A part l'envoyé de l'ambassade, la participation des districts et des communes du sud du pays n'était pas encore décidée mercredi. Et dans un long débat sur la politique de l'aéroport lundi dernier au Grand Conseil zurichois, les intervenants, tous partis confondus, ont fait part de leur scepticisme envers la médiation, et accusé le Conseil d'Etat de laisser pourrir la situation plutôt que d'agir. Le canton, pour démontrer sa volonté de repartir sur de nouvelles bases, avait à la fin de l'année dernière dessaisi du dossier le radical Ruedi Jeker, «grillé» sur le sujet, pour le confier à l'UDC Rita Fuhrer. Après un départ en fanfare, cette dernière n'a pas non plus, pour le moment, de solution miracle à offrir. Elle s'est rendue compte notamment que faire accepter l'approche coudée par le nord, consistant à survoler le territoire argovien au sud du Rhin avant de faire un coude pour atterrir par le nord, n'est pas chose simple à réaliser.

Pour corser l'ambiance, plusieurs mouvements de riverains zurichois viennent de lancer une initiative populaire demandant un plafonnement des mouvements de l'aéroport à 250 000 par année (déjà atteint actuellement en raison de la crise qui frappe Swiss et des difficultés économiques) et la garantie d'une période de repos de neuf heures par nuit.