Deux semaines après l’évacuation du Palais fédéral et des bâtiments alentour en raison d’un individu au comportement suspect, la délégation administrative du parlement a fait son autocritique. Si les bâtiments ont pu être évacués dans un «délai raisonnable» et personne n’a été blessé, des lacunes ont été identifiées.

La coordination n’a pas toujours bien fonctionné. Et la délégation de rappeler que de nombreuses personnes sont impliquées lors d’une évacuation, à savoir les responsables des bâtiments, des diverses cellules d’urgence des départements, de la Chancellerie fédérale et des services du parlement, la police cantonale bernoise et fedpol. Il n’existe par ailleurs pas d’approche globale. Les scénarios sont majoritairement axés sur des risques liés aux bâtiments, comme un incendie, et sur l’évacuation d’un bâtiment en particulier.

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Meilleure coordination

L’organisation en cas d’urgence doit donc être revue, estime la délégation. Un plan commun doit notamment être élaboré pour les bâtiments du Palais fédéral et des ailes est et ouest. Le Conseil fédéral sera appelé à y participer. «Seules une planification commune, l’harmonisation des différents processus et une procédure coordonnée permettront de bien combler ces lacunes.» Une entreprise spécialisée a été chargée de vérifier l’organisation des cas d’urgence au Palais du parlement. Sur la base de ses conclusions, des stratégies adaptées aux différents types de menace seront définies ou mises à jour, explique la délégation.

Des mesures immédiates ont en outre été prises. Les sirènes d’alarme reprennent du service, tout du moins en dehors des sessions. «Avec le recul, il s’avère que renoncer aux sirènes pour éviter un mouvement de panique n’est pas efficace», écrit la délégation. Les parlementaires seront par ailleurs informés rapidement et régulièrement par SMS en cas d’urgence.

Présidente des Etats oubliée

Les solutions techniques existent déjà. Le cercle des destinataires sera étendu aux collaborateurs et aux collaboratrices des Services du parlement et aux personnes autorisées à accéder aux locaux. La procédure d’ouverture des portes de secours a aussi été éclaircie avec fedpol. La formation des collaborateurs et des collaboratrices des services du parlement sera aussi intensifiée. Et il est prévu de mener des exercices en situation réelle.

Les critiques ont plu après l’évacuation désordonnée des bâtiments fédéraux. Outre des parlementaires, Guy Parmelin a également dénoncé devoir quitter le bâtiment via un tourniquet, individuellement, et non par une sortie plus large. Le ministre de l’économie jugeait également lacunaire les informations à disposition. Le chef de la sécurité du parlement a déjà reconnu des erreurs. La plus grande étant l’oubli de la présidente du Conseil des Etats dans son bureau. Brigitte Häberli-Koller (Centre/TG) n’avait cependant pas de raisons de s’inquiéter puisque aucune alarme n’a retenti dans son bureau, où elle travaillait.

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