La justice genevoise entend tourner rapidement une page peu glorieuse de son histoire en organisant rapidement le nouveau procès des cinq anciens dirigeants et réviseurs de la BCGE. Le patron du tout jeune Tribunal pénal, Stéphane Esposito, a révélé lundi la composition de la section correctionnelle qui devra trancher cette monumentale affaire. Le juge Jean-Marc Verniory assurera la direction de la procédure et la présidence des débats. Siégeront à ses côtés, les juges Fabrice Roch et François Haddad. Dans une vision optimiste des choses, «un objectif raisonnable», le procès pourrait avoir lieu avant l’été.

C’est bien la première fois que le pouvoir judiciaire organise un point de presse pour annoncer la composition d’un tribunal. La cacophonie et les dégâts d’image nés de la brutale interruption du premier procès au mois de novembre dernier – en raison de la récusation du président Jacques Delieutraz –, ont certainement motivé cette brève mise au point. Nouvelle procédure pénale oblige, la plus grosse affaire bancaire de la République ne sera plus jugée par un jury populaire mais par trois juges professionnels compétents pour prononcer des peines privatives de liberté de 2 à 10 ans. Il appartiendra désormais au directeur de la procédure de préparer les débats et de trancher les requêtes qui ne manqueront pas de déferler sur le dossier.

Une majorité de la défense conteste déjà la saisine de ce tribunal et estime que l’ancienne Cour correctionnelle avec jury doit encore juger cette affaire. Un recours en ce sens a été déposé vendredi dernier devant le Tribunal fédéral. Parallèlement, une demande de révision a été adressée au juge Louis Peila qui avait pris la décision de transférer la procédure par anticipation au nouveau tribunal pénal.