Lourde ambiance ce lundi matin au procès des anciens dirigeants et réviseurs de la BCGE. Les débats, qui devaient reprendre après une semaine de pause, ont été suspendus jusqu’à jeudi matin. Le temps pour le plénum de la Cour de justice, rappelé à l’ordre par le Tribunal fédéral, de déterminer si le président Jacques Delieutraz a bien influencé un premier tirage au sort du jury et d’en tirer les conséquences qui s’imposent.

Toutes les parties ou presque- Dominique Ducret est le seul des cinq accusés à vouloir être jugé quelles que soient les circonstances- ont sollicité le report des débats dans l’attente de connaître le sort qui sera réservé à ce président décrié. L’Etat de Genève, partie civile, ne s’est pas opposé à cette perspective- compte tenu de la grave incertitude qui pèse-tout en renvoyant le pouvoir judiciaire à ses responsabilités et à son devoir de trouver la meilleure solution au problème. La BCGE, partie civile également, est allée jusqu’à demander un ajournement, le cas échéant, jusqu’à décision finale du Tribunal fédéral sur cette demande de récusation. «Il n’est pas raisonnable de continuer à laisser planer un tel doute sur un procès aussi emblématique», a relevé Me Christophe Emonet.

Le président Delieutraz, le seul à être revenu bronzé de cette semaine de vacances scolaires, a lu une décision que peu de monde semble avoir comprise. Après avoir déclaré qu’une interruption aurait le poids d’un aveu et qu’il entend bien faire la preuve de la régularité de ses démarches, le magistrat a tout de même opté pour la solution minimaliste de l’ajournement temporaire. L’audience reprendra donc jeudi 4 novembre dans l’espoir que le plénum aura arrêté sa décision d’ici-là. En cas de récusation, le procès devra être repris à zéro. Et la défense entend déjà faire payer à l’Etat- responsable pour les fautes commises par ses employés- les frais de ces trois semaines d’audience menées pour rien.