Le président du tribunal a indiqué à la reprise de l’audience que «plusieurs personnes se sont constituées partie civile plus d’une fois.» Il a invité les intéressés et leurs avocats à «contrôler leurs positions pour éviter l’exclusion du procès», a indiqué l’agence italienne de presse adnkronos.

De son côté, Me Cesare Zaccone, avocat du baron belge Jean-Louis de Cartier de Marchienne, un des deux inculpés, a soumis à la cour une nouvelle liste de parties civiles à exclure des débats. Ceci en ce qui concerne les cas liés à l’établissement Eternit de Rubiera (Emilie-Romagne).

Acte de transition signé en 1993

Me Zaccone a également présenté au juge Casalbore un acte de transition établi le 10 juin 1993 lors du premier procès contre Eternit à Casale Monferrato (Piémont).

Les signataires de l’acte en question déclaraient que «leurs demandes d’indemnisation avaient été satisfaites» et qu’ils «renonçaient à toute future action légale». Le défenseur du baron Cartier a demandé que ces signataires, «des centaines de personnes» ne puissent pas se constituer partie civile dans le procès en cours. Si le juge suit la défense, des centaines d’anciens employés d’Eternit SA Italie et leurs proches seront exclus du procès. Après la défense, le juge a donné la parole aux parties civiles.

Environ 2000 décès

Le procès contre l’industriel suisse Stephan Schmidheiny et le baron belge Jean-Louis de Cartier, qui n’assistent pas aux débats, s’est ouvert le 10 décembre 2009. Les deux inculpés répondent d’homicides intentionnels pour les morts provoquées par l’exposition à l’amiante, selon l’accusation du procureur Raffaelle Guariniello.

MM. Schmidheiny et de Cartier étaient responsables, selon l’accusation, de quatre usines d’amiante d’Eternit SA Italie. Le procureur leur reproche d’avoir, entre 1973 et 1986, négligé les mesures de sécurité sur les lieux de travail.

Au total, quelque 2000 ouvriers d’Eternit SA Italie sont décédés des suites de la contamination et 800 autres ont été contaminés. Les inculpés encourent des peines de prison allant de deux à douze ans et des centaines de millions d’euros de dédommagements sont en jeu. Le procès durera plusieurs mois.