Un raté qui vivait chez sa mère à 30 ans passé et lui faisait croire qu’il poursuivait des études en fabriquant de faux documents. Mais aussi un tueur sadique, mû par des instincts pédophiles, capable d’égorger une famille entière avant d’échapper durant des mois aux recherches de la police. Le procès de l’homme qui a sévi à Rupperswil, en Argovie, le 21 décembre 2015, s’ouvre mardi devant le tribunal de district de Lenzbourg.

L’acte d’accusation de la justice argovienne, diffusé lundi, permet de mieux reconstituer la matinée qui a tourné à l’horreur absolue dans la tranquille banlieue argovienne. Le tueur, Thomas N., avait repéré sa cible, un garçon de 13 ans croisé dans la rue, des mois auparavant, et avait fait en sorte de le rencontrer, soi-disant par hasard, à plusieurs reprises pour entretenir un état d’excitation – un kick, comme il l’a dit aux enquêteurs.

Faux certificat de psychologue

Son mobile était aussi financier: sans revenus, il cherchait à gagner 30 000 francs facilement, pour «voir venir» au cours des prochains mois. Sa seule activité connue à côté de ses fausses études était celle d’entraîneur d’un club de football junior des environs.

A plusieurs reprises, cet homme inconnu des services de police était allé promener ses chiens devant la villa de ses victimes. Il a réussi à s’introduire au domicile de ses proies en se faisant passer pour un psychologue scolaire et en produisant un faux certificat qui en attestait.

Muni d’un couteau, de sextoys et de liquide inflammable, il a fait chanter la mère pour que celle-ci aille chercher de l’argent à la banque, a violé le garçon, filmé ses actes et égorgé toute la famille (la mère, son jeune fils, un autre de 19 ans et l’amie de ce dernier) avant de mettre le feu à la maison.

Le soir, il ira tranquillement dîner avec des connaissances à Zurich. La police mettra plusieurs mois pour le retrouver grâce à des traces ADN.

L’homme planifiait apparemment d’autres massacres. Il avait approché deux autres familles des cantons de Berne et de Soleure au moyen de ses faux certificats et faisait des recherches sur Internet pour repérer des garçons ressemblant à sa première victime. La police a trouvé les noms de neuf autres jeunes dans un carnet noir et blanc où le tueur consignait ses futures proies.