On y est. Huit ans après l’incendie du centre d’hébergement pour migrants des Tattes, qui a coûté la vie à Fikre, jeune Erythréen piégé dans une cage d’escalier enfumée, et poussé de nombreux résidents à sauter dans le vide, un procès s’ouvre enfin à Genève. Avec une brochette de prévenus très hétéroclite. Il y a le requérant qui avait fumé et cuisiné dans sa chambre malgré l’interdit, son copain de galère qui avait vu les prémices du drame et préféré quitter les lieux sans donner l’alerte, les deux surveillants qui avaient tenté d’éteindre les flammes au lieu d’évacuer les personnes et, enfin, le responsable sécurité incendie des sites de l’Hospice général accusé de lacunes dans la formation des agents et l’information des résidents.