Cette semaine se déroule à Genève le procès très attendu de Pierre Maudet, jugé pour avoir accepté des avantages en sa qualité de conseiller d'Etat. Quotidiennement, à la mi-journée, notre chroniqueuse judiciaire apporte un regard plus personnel sur les audiences.

Fidèle à sa réputation, Pierre Maudet est matinal. Il a même une demi-heure d’avance. Si c’était dans l’idée d’éviter la nuée de photographes postée à l’entrée du Palais de justice, c’est plutôt raté. Le conseiller d’Etat a pris place sur le banc des accusés dans une salle encore bien vide. «Le banc de l’infamie», diraient les anciens, sans beaucoup d’égards pour la présomption d’innocence. Il prend des notes sur un carnet et jette un œil discret aux alentours.

En raison de la pandémie, les prévenus sont disséminés sur deux rangées. Du coup, ça fait moins bande des cinq. Le seul à partager l’avant-poste avec le ministre est son ancien bras droit, Patrick Baud-Lavigne. Tout le monde est évidemment masqué. Ce qui n’arrange pas les affaires des dessinateurs de presse.