Cette semaine se déroule à Genève le procès très attendu de Pierre Maudet, jugé pour avoir accepté des avantages en sa qualité de conseiller d'Etat. Quotidiennement, à la mi-journée, notre chroniqueuse judiciaire apporte un regard plus personnel sur les audiences. 

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Qui aurait-pu imaginer pareille scène? Philippe Bertschy, celui que Pierre Maudet était allé chercher en 2015 pour occuper le poste très peu convoité de directeur général de l’Office cantonal de la détention, celui qui prêtait allégeance à son ministre de tutelle en rejoignant la société patriotique genevoise des Vieux-Grenadiers et en adoptant sa citation favorite («Un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté», Winston Churchill), cité comme témoin au procès de ce même magistrat, debout à moins de deux mètres de lui.

Cette image insolite a frappé, mardi en fin d’après-midi, mais elle méritait une petite place dans ce carnet. Certes, Philippe Bertschy était là pour parler (en bien) d’un autre. Raoul Schrumpf, l’ancien directeur du Service de police du commerce, prévenu d’abus d’autorité pour avoir accéléré l’ouverture de l’Escobar et contraint dès lors à changer de poste. Après un bref passage à l’IMAD, le fonctionnaire occupe désormais le fauteuil de directeur stratégique à la tête des prisons, chargé de mettre en musique un concept de réinsertion qui peine visiblement à se déployer. Et Philippe Bertschy est très satisfait de son travail. «C’est un collaborateur sur lequel je peux compter.»