«Si les droits politiques aux étrangers sont acceptés, ce ne sera pas un cadeau que les Suisses nous feront, mais un droit naturel», revendique Alain Bittar, propriétaire de L'Olivier, une librairie arabe située dans le quartier des Pâquis. Ce Soudanais d'origine syro-libanaise vit depuis 41 ans à Genève et possède un permis d'établissement: «J'ai grandi ici et je me sens plus concerné par la vie locale que beaucoup d'électeurs.»

«Il est important que les étrangers ne soient plus étrangers aux affaires de la cité», souhaite Hafid Ouardiri, membre de la Fondation culturelle islamique. «Cela donnerait un nouveau souffle à l'Esprit de Genève, poursuit-il. Davantage ouvert aux autres cultures, le canton deviendrait un exemple pour le monde.»

A Genève, l'Office cantonal de la population recense environ 5000 étrangers originaires du monde arabe. «Il doit y en avoir beaucoup plus, estime Alain Bittar. Car tous ceux qui ont la possibilité d'obtenir un passeport suisse ou européen en ont fait la demande. Il est tellement difficile de voyager avec un passeport arabe. Moi-même j'ai la nationalité française.»

Cependant, la communauté du monde arabe est composée d'individualistes, affirme Mohammad Abu Rub, professeur de langue arabe. «Et même si nous parlons tous l'arabe littéraire, le monde arabe comprend pas moins de 22 pays.»

Sur les ondes courtes, les Arabes de Genève captent les émissions de la Radio Orient de Paris. Ils peuvent se procurer les journaux officiels de leurs pays et capter les chaînes télévisées nationales grâce aux canaux satellites. Les musulmans pratiquants se réunissent à la mosquée du Petit-Saconnex, mais les Arabes ne représentent qu'un tiers des fidèles fréquentant ce lieu de culte.