Le procureur général de la Confédération, Valentin Roschacher, a fustigé la recherche sans autorisation de documents au Tessin par des parlementaires italiens. Valentin Roschacher affirme, dans une interview au SonntagsBlick, n'avoir «pas de problème» concernant la décision prise cette semaine par le Conseil fédéral de ne pas poursuivre judiciairement les deux parlementaires italiens et les autres membres de la délégation arrêtés à Lugano le 8 mai.

Ces derniers avaient tenté de se procurer sans le feu vert des autorités suisses des documents auprès de l'Office des faillites dans le cadre de l'affaire de corruption présumée Telekom-Serbia. Ce dossier met en cause d'anciens membres du gouvernement de Romano Prodi, qui auraient perçu d'importants pots-de-vin en marge de l'achat par Telecom Italia de 29% de parts du capital de Telekom-Serbia en 1998.

Le procureur de la Confédération relève que le Conseil fédéral ne se prononce pas sur le caractère délictueux de la démarche italienne. Il estime pour sa part qu'on ne peut considérer comme une bagatelle le fait que les lois suisses aient été piétinées, la souveraineté du pays et les voies normales de l'entraide judiciaire ignorées.

Valentin Roschacher réfute aussi les allégations italiennes selon lesquelles une demande d'entraide judiciaire n'aurait pas été possible à ce moment.