C’était le 17 janvier au matin dans le hall du Tribunal d’arrondissement de Nyon, lors d’une suspension d’audience. Les mains enfouies dans les manches de sa robe noire, le procureur général vaudois Eric Cottier, d’humeur parfois lunatique avec les journalistes, se prêtait ici avec bonhomie au jeu des questions. Attaqué par la défense pour être venu en personne soutenir l’accusation contre un zadiste, il ne sourcillait pas: une plainte disciplinaire ayant été déposée contre douze de ses procureurs par les militants, il était de son devoir de venir affirmer la position du Ministère public. Prérogative de «patron», avait ajouté Eric Cottier avec un sourire satisfait, avant de rejoindre la salle d’audience en lévitant dans un mouvement d’étoffe.