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Il agit en toute indépendance.» Le poste est élevé dans la hiérarchie onusienne: «Ses conditions d'emploi sont celles d'un secrétaire général adjoint de l'Organisation des Nations unies.»

Le premier procureur du TPIY et du TPIR fut Richard Goldstone, réputé pour avoir mené la Commission d'enquête sur les violences en Afrique du Sud. A son départ, c'est lui qui avancera le nom de Louise Arbour, dont la réputation n'a, à l'époque, pas dépassé l'enceinte d'un sérail de spécialistes. Louise Arbour a-t-elle reçu à son tour mandat de proposer un successeur à Kofi Annan? Au siège du TPIY à La Haye, «on l'imagine, mais, si tel est le cas, elle ne le clamera pas sur les toits».

Goldstone et Arbour étaient ressortissants d'Etats membres de l'ONU. La nationalité de Carla Del Ponte pourrait-elle jouer en sa défaveur? Si les statuts précisent que les juges doivent être issus «d'Etats membres de l'Organisation des Nations unies» ou «d'Etats non membres ayant une mission d'observation permanente au siège de l'organisation», aucune mention n'est faite de la nationalité du procureur. Mais l'on peut avancer sans trop de risque qu'un candidat membre d'un pays de l'OTAN s'attirerait un veto de la part de la Chine ou de la Russie. A contrario, une candidature issue d'un pays neutre pourrait être favorablement accueillie.

Le nom de Carla Del Ponte est le premier à être cité dans le circuit onusien. Désormais, d'autres candidats pourraient être sur les rangs. Parmi ceux-ci, Graham Blewitt, qui occupe la fonction de procureur adjoint depuis la création du TPIY en 1993. «Officiellement, il n'est pas candidat pour l'instant. Mais pour obtenir ce genre de poste, il vaut mieux éviter de sortir trop tôt du bois», estime notre source diplomatique.