La pandémie de Covid-19 semble n’épargner personne. Même pas les producteurs valaisans de raclette AOP. En raison de la crise qui frappe notre pays, l’Interprofession Raclette du Valais AOP a décidé de stopper, depuis lundi et pour deux semaines en tout cas, la production de ce fromage, symbole du Valais.

En cette fin avril, les caves sont pleines. En raison de la fermeture des restaurants et de l’annulation de la quasi-totalité des événements, les laiteries du canton n’arrivent pas à écouler leurs stocks. «L’interprofession ne voulait pas qu’on produise du fromage et que l’on vende à des prix de dumping, ça aurait été catastrophique pour la branche», indique Eddy Baillifard à nos confrères de Rhône FM. Le vice-président de l’Interprofession Raclette du Valais AOP ajoute que «la meilleure solution, la plus radicale, a été de stopper la production [elle devrait reprendre début mai, ndlr] et de dévier le lait vers l’industrie».

Impact financier pour les producteurs

Au lieu de se transformer en fromages à raclette, ce lait sera utilisé pour fabriquer des yoghourts ou de la crème. Et cela n’est pas sans conséquence pour les producteurs. «Le lait d’industrie, c’est 50 centimes le litre, au lieu de 90 centimes voire 1 franc dans certaines fromageries», appuie Eddy Baillifard.

Président de la laiterie de Liddes, Francis Guigoz confirme, à la radio valaisanne, qu’il «y aura des conséquences financières, un manque à gagner», mais ne désespère pas que «les restaurants et le tourisme estival vont pouvoir reprendre assez vite pour qu’on puisse vendre nos fromages normalement». D’ici là, la laiterie de Liddes, comme toutes les autres du canton, tente tant bien que mal d’écouler ses stocks. «On fait un peu de publicité, on encourage les gens de la région à consommer local. La clientèle villageoise est restée fidèle», souligne Francis Guigoz.