Bonne nouvelle pour les éleveurs et les maraîchers de la zone franche. Les produits alimentaires issus du Pays de Gex et de la Haute-Savoie devraient continuer à porter le label suisse. C’est l’une des recommandations formulées vendredi par la commission des affaires juridiques du Conseil des Etats.

Soixante huit producteurs laitiers (dont beaucoup de Suisses) et neuf maraîchers exercent dans la bande de 547 km2, de l’autre côté de la frontière suisse, dans cette zone dite franche. Ils bénéficient depuis 1911 d’un régime particulier leur permettant d’écouler 90% de leurs productions à Genève en bénéficiant du label suisse. Mais un vote le 12 juin 2013 du Parlement fédéral a redéfini ce label.

Les nouveaux critères permettant de qualifier un produit de suisse ont spécifié que 80% au moins du poids des matières premières devaient provenir du territoire helvétique et que l’étape de transformation essentielle devait avoir lieu en Suisse. Courroux des producteurs de lait savoyards mais aussi des coopératives suisses.

Le directeur des Laiteries Réunies de Genève a émis la crainte que sa coopérative (400 emplois), fondée en 1911, soit mise en faillite, la moitié de son approvisionnement en lait, soit 23 millions de kilos, venant des zones franches en Haute-Savoie. Genève possédant peu de pâturages, les bétails sont envoyés paître en France voisine, sur le Salève notamment.

Conseil d’Etat genevois, chambres d’agriculture, Agri-Genève, députés de Haute-Savoie et de l’Ain, la mobilisation a été générale dans et autour du canton pour que les zones franches ne soient pas exclues dans le nouveau projet de loi Swissness. Elle a porté ses fruits mais le travail de lobbying devrait se poursuivre car la recommandation venue de Berne vendredi n’est qu’une étape.