Le plan d'économies de Hans-Rudolf Merz a obtenu un large soutien à droite, mais est très contesté à gauche. Ce résultat de la rencontre qu'il a eue mardi avec les partis gouvernementaux ne surprend guère. Le Parti radical, formation dont est issu le ministre des Finances, estime que le programme d'allégement budgétaire (PAB) 2004, qui prévoit d'améliorer le budget de 1,9 milliard en 2008 (dont 1,8 milliard par des économies), doit être «réalisé en totalité». L'UDC réclame un milliard de plus. Quant au PDC, «il soutient pour l'essentiel les réductions de dépenses», selon son secrétaire général Reto Nause, et propose des compensations pour celles qu'il n'approuve pas.

Le PDC refuse de retirer aux cantons leur part de recettes de l'impôt sur les huiles minérales, d'abandonner le remboursement de ce même impôt aux entreprises de transports publics, d'économiser sur le dos de la Commission technologie et innovation (CTI) et de couper les crédits des routes nationales. En compensation, il souhaite que le Conseil fédéral se penche de manière plus déterminée sur l'abandon de certaines tâches et la réduction des coûts de l'administration. Reto Nause considère par exemple que trop de gens font de la communication.

Opposition du PS

Le PRD demande lui aussi «un examen systématique des tâches et des structures de l'administration». L'UDC n'est pas en reste. Elle a même dressé la liste de ce que la Confédération devrait laisser tomber ou fusionner avec d'autres: bureau de l'égalité, promotion des exportations et de la place économique, Office fédéral de l'environnement, soutien des crèches, Internet à l'école, SuisseEnergie, Présence Suisse, Pro Helvetia, Swisscoy, service de la navigation, mesures d'intégration, bureau de la consommation, approvisionnement économique, Office fédéral du logement, Surveillance des prix, Haras fédéral (que le PDC propose aussi de privatiser), Institut de droit comparé, Institut pour les maladies virales, promotion du film.

Autre son de cloche à gauche. Le PS rejette le projet, qu'il qualifie de «programme de suppressions d'emplois massives», allusion à l'étude de l'institut BAK Basel Economics, qui a estimé que les deux plans d'économies 2003 et 2004 pourraient menacer 28 000 emplois. Le PS demande que le volume d'assainissement «ne dépasse pas 1 à 1,5 milliard» et qu'un meilleur équilibre entre économies et recettes soit trouvé. Il considère qu'une intensification de la lutte contre le travail au noir permettrait de rapporter des recettes supplémentaires, hypothèse également défendue par le PDC. Il réclame un impôt de solidarité sur les revenus bruts de plus de 150 000 francs, un impôt sur les gains en capital, un autre sur les successions et pense pouvoir ainsi aspirer 700 millions de recettes par an.

Hans-Rudolf Merz doit maintenant dépouiller les résultats controversés des entretiens qu'il a eus ces dernières semaines. Le parlement sera saisi de son projet définitif dans le courant de l'hiver.