GENÈVE

Le programme tout sécuritaire d’Eric Stauffer

Le candidat MCG au Conseil d’Etat vise le Département de la police d’Isabel Rochat

Eric Stauffer tient sa promesse: comme il l’avait dit, le thème de la sécurité occupe entièrement son programme pour l’élection partielle au Conseil d’Etat genevois du 17 juin. Le texte est paru mardi dans l’organe de son parti, le Mouvement Citoyens genevois (MCG), portant en frontispice la déclaration: «Je déclare la guerre aux criminels.» Le député y explique que la sécurité est «le problème numéro 1» des Genevois. Il ne sera donc pas question de logement ni d’emploi. Celui qui est devenu en juin magistrat de sa Ville d’Onex rappelle sa volonté, en cas d’élection, de reprendre le Département de la sécurité attribué en 2009 à Isabel Rochat. Cette libérale a, entre-temps, affirmé qu’elle n’avait pas l’intention d’abandonner ce dicastère.

Abolir le «plan Maghreb»

La feuille de route du candidat tient en dix points dont un, fort général, annonçant une «tolérance zéro à l’encontre des criminels, dans le respect des lois». La méthode préconisée passe par l’installation «en zone aéroportuaire de 200 à 300 containers-cellules» afin d’y placer en détention administrative pendant 18 mois «les 450 criminels environ qui commettent plus de 60% des délits crapuleux dans le canton». Le député compte abolir le «plan Maghreb» d’Isabel Rochat, ce projet pilote visant à faire rentrer au pays les délinquants inexpulsables en leur offrant une manne et une formation professionnelle totalisant 4000 francs. Le fonds constitué lors de saisies de drogue, qui sert notamment à financer ce plan, serait réorienté vers la prévention du cambriolage. Le candidat exige la fermeture nocturne des douanes secondaires. Aux frontières, il veut développer la vidéosurveillance, en installant des caméras capables de détecter les plaques et les visages suspects. Il compte réquisitionner à cette même fin les caméras existantes utilisées pour la gestion du trafic routier.

Quatre des dix points du programme portent sur l’organisation interne de la police. Il s’agit d’offrir une assistance juridique aux policiers, de leur proposer l’aide de collègues retraités volontaires pour les tâches administratives, d’empêcher l’engagement de frontaliers dans tous les corps d’autorité et enfin de «redonner confiance aux policiers en rétablissant le dialogue avec leurs organisations professionnelles».

Eric Stauffer a cédé le 29 avril la présidence du MCG au député Roger Golay, ancien président du syndicat de la gendarmerie genevoise.

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