Près de trente ans après l'avoir lancé, Migros va pouvoir réactiver «Lémanparc», son projet de centre commercial et de loisirs de Saint-Légier, avec l'espoir d'une réalisation rapide. Après des années de procédures, le Tribunal fédéral vient de débouter les opposants. Tandis que ceux-ci annoncent qu'ils continueront leur combat lors de la mise à l'enquête des constructions, Michel Renevey, directeur de Migros Vaud, ne cache pas sa satisfaction.

Le Temps: Que va-t-il se passer maintenant?

Michel Renevey: Le projet était en veilleuse depuis des années et nous allons le reprendre maintenant de A à Z. Nous n'avons pas de plans tout faits au fond d'un tiroir. Il est probable que nous allons lancer un concours, de façon à pouvoir choisir entre peut-être quatre ou cinq variantes à la suite de cet appel d'offres. Nous espérons être en mesure de demander le permis de construire d'ici à la mi-2002.

– Les opposants, réunis dans le Groupement contre Lémanparc et l'Association pour un aménagement rationnel de Saint-Légier (APAR) déclarent qu'ils ont perdu une bataille, pas la guerre…

– Ce n'est pas être très beau joueur! Naturellement, notre permis de construire devra être conforme au plan partiel d'affectation de la zone, et respecter les gabarits. Si c'est le cas, je ne crois pas qu'il puisse encore y avoir de gros problèmes. Et si tout va bien, nous pourrons ouvrir le centre commercial en 2005 ou 2006.

– Le projet tel qu'on le connaît remonte à une douzaine d'années. Est-il toujours d'actualité ou doit-il être revu en profondeur?

– Il reste tout à fait actuel. Tout ce qui a pu se passer ces dernières années dans la région confirme sa pertinence. Ainsi, il y a toujours de la place pour un hôtel (le choix de la catégorie devra être affiné), de même que pour un centre commercial. Les autorités locales sont toujours intéressées à la patinoire, qu'elles n'ont pas construite ailleurs entre-temps. Quant aux centres de «fitness» que Migros construit dans toute la Suisse, ils remportent un grand succès.

– Mais l'ouverture récente d'Aquaparc, au Bouveret, et son succès n'entraînent-ils pas une concurrence fâcheuse pour Lémanparc?

– Au contraire. Quand on voit l'engouement que ce type d'installations autour de l'eau suscite, il y a encore de la place pour d'autres. Mais il faut rappeler que notre projet aura une attractivité énorme, puisqu'il réunira des activités qui sont habituellement éclatées. Minigolf, bains, patinoire au même endroit, sans parler des 38 000 m2 de parc pour flâner sans bourse délier, qui dit mieux?

– Combien Migros a-t-elle dépensé pour Lémanparc jusqu'à ce jour?

– 25 millions, si l'on compte l'achat du terrain, les frais de notaire, toutes les études, les frais de justice et le paiement des intérêts courants. La réalisation supposera un investissement d'environ 150 millions de francs, un ordre de grandeur qui lui aussi reste valable.

– Vous qui dirigez Migros Vaud depuis quatre ans, quel est votre premier souvenir de Lémanparc?

– De Genève, où je travaillais avant, je m'étais imaginé que Migros Vaud voulait construire son projet au cœur d'un petit village, pour ainsi dire à côté de l'église. Quand je me suis rendu pour la première fois sur le site et que j'ai vu qu'il s'agissait d'une boucle d'autoroute, semblant faite pour accueillir un projet comme le nôtre, je n'ai pas compris comment on pouvait s'y opposer.

Propos recueillis par Yelmarc Roulet