Espace cantonal unique pour les élections

Le gouvernement neuchâtelois lance un autre grand chantier, à l’issue incertaine. Il s’applique à mettre les formes à sa volonté de briser les chapelles institutionnelles et de faire du canton un espace unique, formule maintes fois scandée depuis le début de la législature: il propose d’élire les députés au Grand Conseil non plus dans six districts, mais dans une unique circonscription cantonale. «C’est la clé de voûte de l’action gouvernementale», affirme avec force le ministre des Institutions, Alain Ribaux, proposant une autre allusion à l’architecture en parlant de pierre angulaire.

Moins de députés

Le programme s’accompagne de trois mesures: la réduction du nombre de députés de 115 à 90 – un projet discuté en amont allait jusqu’à 70 députés –, un quorum ramené de 10 à 6% pour atténuer les craintes de marginalisation des petits partis et la limitation à deux par commune du nombre de députés qui sont aussi membres professionnels d’un exécutif local.

Pour se concentrer sur l’essentiel, le gouvernement a laissé de côté d’autres adaptations possibles, comme les règles d’apparentement, l’éligibilité cantonale des étrangers, l’allongement de la durée de la législature à cinq ans, l’élection du Conseil d’Etat par le Grand Conseil ou l’élargissement du gouvernement à sept ministres.

«Il s’agit de transcender les chiffres et de prendre en compte la symbolique de la réforme institutionnelle, reprend Alain Ribaux. C’est un esprit que nous voulons transmettre, l’intérêt supérieur du canton», «un canton qui se réforme à l’intérieur pour rayonner vers l’extérieur», renchérit la présidente Monika Maire-Hefti.

Alain Ribaux s’applique à tuer dans l’œuf les réticences déjà exprimées dans certains partis et dans les régions excentrées. «Les effets concrets à attendre sont modestes. A 90 députés plutôt qu’à 115, sachant qu’aujourd’hui, 31 députés ne sont membres d’aucune commission, on n’incite pas à de trop grandes modifications dans le fonctionnement. L’important est dans l’acte symbolique, soit la circonscription unique.»

Le programme part en consultation, il sera ensuite débattu au Grand Conseil, premier concerné. Comme pour le programme de mobilité, il sera sanctionné par un vote populaire (il faut adapter la Constitution), dont la date est fixée au 25 septembre 2015.