Vaud

Projet «Rosebud»: le Conseil d’Etat corrige le toit de la discorde

Des tuiles en terre cuite pourraient remplacer l’inox étamé qui avait suscité de nombreuses critiques et entraîné le lancement d’un référendum. Les modifications seront soumises au Grand Conseil

Deux toitures en miniature trônent sur les bancs de la conférence de presse. L’une, grise, représente le toit d’origine du projet d’architecture retenu pour le futur parlement vaudois. L’autre figure la nouvelle couverture. Cette dernière, fruit d’un compromis entre l’Etat et le concepteur, doit éviter la mort pure et simple de «Rosebud», nom du bâtiment imaginé pour accueillir les 150 députés en exil depuis une dizaine d’années. Après l’incendie de l’édifice façonné par Henri Perregaux, siège du Grand Conseil depuis la naissance du canton, les élus occupent provisoirement une salle du palais de Rumine.

La nouvelle mouture répond à un référendum lancé et abouti pendant l’été contre «Rosebud». Après le vote favorable des parlementaires, une poignée d’élus avaient contesté la forme, le volume, la matière et la couleur du toit dessiné par Marc Collomb de l’Atelier Cube de Lausanne. Avec le changement de législature et à la suite du départ du conseiller d’Etat responsable du dossier, le Vert François Marthaler, c’est Pascal Broulis qui a repris en main le sort du futur parlement. Soucieux d’éviter un échec populaire retardant de dix ans la réalisation du projet, le magistrat PLR a souhaité modifier le projet afin de désamorcer la menace.

Armé d’une véritable tuile, l’ancien président du Conseil d’Etat a présenté la silhouette corrigée de la toiture du bâtiment. Elle sera symétrique. régulière, moins volumineuse, en tuile de terre cuite plutôt rouge. Un film et des photomontages ont montré sous tous les points de vue la meilleure intégration de l’objet obtenue après des longues négociations entre le maître d’œuvre et l’architecte. La solution consensuelle, avec un surcoût d’un million et demi par rapport aux 15,5 votés par le législatif, sera soumise aux députés rapidement.

Ces derniers ont le choix entre deux procédures. Suivant la première, ils maintiennent le référendum qui aura lieu le 3 mars 2013. Dans ce cas, les citoyens sauront que le crédit d’origine servira à réaliser le projet modifié. Le gouvernement sollicitera ensuite le montant additionnel nécessaire. Suivant la deuxième, les élus renoncent à leur premier choix. Puis ils adoptent un nouveau décret qui relance l’ensemble de la démarche avec droit de référendum à la clé. Le Conseil d’Etat penche pour la deuxième solution. Le Grand Conseil tranchera, peut-être mardi prochain déjà.

Quant aux adversaires de «Rosebud», première mouture, ils se détermineront mercredi. A titre personnel, Marc-Olivier Buffat, député lausannois du PLR et membre du comité référendaire, notait à chaud que si cette deuxième version lui avait été présentée, il n’aurait pas eu de raisons de la combattre.

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