Trois ressortissants irakiens, soutiens présumés de l’Etat islamique, sont incarcérés en Suisse depuis le mois de mars 2014, a annoncé mercredi le Ministère public de la Confédération (MPC), confirmant des information de la presse alémanique. Ils sont soupçonnés d’avoir planifié un attentat terroriste en Europe. Les trois suspects ont été appréhendés en Suisse orientale, a précisé la porte-parole du MPC Jeannette Balmer, sans donner plus d’informations sur la cible de l’attentat.

C’est sur la base d’«informations secrètes» transmises à la Police judiciaire fédérale (PJF) par le Service de renseignement de la Confédération (SRC) que le MPC a ouvert une enquête pénale, en mars 2014. Ces informations faisaient état de «soupçons de soutien à l’organisation criminelle Etat islamique, d’emploi, avec dessein délictueux, d’explosifs ou de gaz toxiques, d’actes préparatoires délictueux, de pornographie et d’incitation à l’entrée, à la sortie ou au séjour illégaux», indique le MPC dans un communiqué.

Malgré les révélations de la «NZZ am Sonntag», puis du «Tages Anzeiger», sur cette affaire, le MPC n’a pas confirmé son existence jusque là, «pour ne pas mettre en jeu les résultats de l’enquête en cours en Suisse et à l’étranger», écrit-il. «L’instruction visait jusqu’à présent à dépister d’éventuels complices ou réseaux en Suisse et à l’étranger.»

Le MPC indique travailler étroitement avec les autorités judiciaires américaines sur ce dossier, au travers d’une équipe commune composée d’enquêteurs de la PJF et du FBI. Un dispositif permettant d’échanger des renseignements en continu. Le MPC compte également sur la coopération d’autres Etats. Il a envoyé ces derniers mois plusieurs demandes d’entraide judicaires à «diverses autorités européennes», précise le communiqué.

Le MPC rappelle par ailleurs qu’il mène actuellement «une vingtaine de procédures dans le domaine du djihadisme radical, dont 5 en lien avec la Syrie».

EI interdit

L’Etat islamique et les organisations apparentées sont interdits en Suisse depuis le 9 octobre, a décidé le Conseil fédéral par voie d’ordonnance pour six mois. Toutes les actions destinées à leur apporter un soutien financier, en matériel ou en personnel en Suisse ou à l’étranger, ou le recrutement de nouveaux membres sont également proscrites.

Le ministre de la défense Ueli Maurer avait défendu cette décision comme mesure préventive. Les candidats au combat djihadiste n’informant pas les autorités de leur départ en Syrie, il faut pouvoir en limiter le nombre et surveiller ceux qui reviennent en Suisse. Le conseiller fédéral avait aussi estimé fin septembre qu’il n’y avait pas lieu de paniquer, faute de menace concrète et imminente d’attaques de djihadistes contre la Suisse.