«Cette crise nous a rapprochés.» C’est Alain Berset qui l’a dit mardi à Paris. Il a raison: le coronavirus a ouvert une ligne directe entre le cabinet du ministre français de la Santé et le sien. La crise a renforcé la coopération entre voisins pour la prise en charge des malades, en l’occurrence français, et Emmanuel Macron a rendu hommage à la Suisse, à l’Allemagne, à l’Autriche et au Luxembourg pour en avoir accueilli dans leurs hôpitaux. Elle a aussi remis en lumière le rôle central joué par les frontaliers dans le système hospitalier suisse. Un accord a été signé en mars pour faciliter leur mobilité malgré la fermeture des frontières.

En ce sens, oui, la crise a rapproché la France et la Suisse. Mais qu’en restera-t-il demain? L’ambassadeur de France, Frédéric Journès, promet que son pays n’oubliera pas le geste de solidarité de son petit voisin si particulier. Il souligne aussi que «nos ministres ne se sont jamais autant parlé». C’est une réalité. Mais, entre voisins, la régularité du dialogue ne devrait rien avoir d’exceptionnel.


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Proximité géographique oblige, la ligne politico-sanitaire ouverte entre Paris et Berne restera active. Mais d’autres enjeux marqueront les relations entre les deux pays ces prochains temps. A commencer par le scrutin fédéral du 27 septembre. La France attend avec intérêt le vote sur l’acquisition d’un nouvel avion de combat. L’Hexagone est en embuscade. Il souhaite vendre le Rafale à la Suisse, ainsi que le système de défense sol-air SAMP/T d’Eurosam. Si le peuple dit oui le 27 septembre, ce qui n’est pas joué d’avance, Paris mettra le turbo pour convaincre la Suisse d’acheter français. Ce dossier figure en haut de la pile des priorités de l’ambassadeur Journès.

Le 27 septembre sera aussi une date clé pour les relations bilatérales. L’initiative de l’UDC contre la libre circulation des personnes cible notamment les frontaliers. Si elle est rejetée, les discussions portant sur la conclusion d’un accord-cadre reprendront. A Berne, certains espèrent secrètement que les bonnes relations nouées pendant la crise sanitaire permettront d’obtenir une meilleure écoute de la France. Sur des questions telles que la protection salariale ou la reprise du droit communautaire. Les promesses du 14 juillet seront aussi testées sur ces enjeux.

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