Bilatérales

Des promesses de normalisation avec l’UE, mais pas encore d’actes

Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann était à Bruxelles hier pour plaider le déblocage de dossiers majeurs pour l’économie suisse

Le climat s’est certes réchauffé ces dernières semaines entre la Suisse et l’Union européenne mais le compte n’y est pas encore. Des dossiers majeurs, comme celui de l’actualisation de l’accord sur les obstacles au commerce, restent toujours bloqués. C’est en substance le message qu’est venu délivrer hier à Bruxelles le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, qui a rencontré la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström.

Une visite très «importante» pour la Suisse, a relevé le ministre de l’économie devant la presse, avant de rappeler le poids de la relation commerciale entre les deux parties et leur forte imbrication. Et de rassurer ses interlocuteurs de l’Union européenne: sa visite programmée à Londres le 31 mars, juste après son déplacement à Bruxelles, ne doit pas être perçue comme un pied de nez ou un signe d’agacement face à l’attitude européenne, a-t-il dit à Cecilia Malmström.

Rencontre prévue de longue date

Cette rencontre avec le ministre britannique au commerce Liam Fox, dont le pays vient d’envoyer sa lettre de départ de l’UE, était prévue de longue date et ne signifie pas que Berne cherche déjà à favoriser sa future relation avec le Royaume-Uni.

De «Brexit», il en a été question lors de la rencontre à Bruxelles, le Royaume – Uni constituant un des plus grands partenaires commerciaux de la Suisse au sein de l’Union. Johann Schneider-Ammann a également discuté avec son homologue européenne de l’Organisation mondiale du commerce et du contexte international, le conseiller ayant mis en garde contre les réflexes protectionnistes.

Double certification

Mais c’est bien le règlement des dossiers en souffrance que le conseiller fédéral est venu défendre. Alors que l’accord institutionnel semble progresser, Berne voudrait bien que l’UE accélère le mouvement concernant cet accord sur les obstacles techniques au commerce, qui, sans résolution, va par exemple obliger les entreprises suisses à faire certifier deux fois leurs produits.

«L’Europe n’est pas le continent le plus compétitif et innovant en comparaison avec les Etats-Unis et il faut que les non-membres de l’UE contribuent aussi à la compétitivité du continent», a fait valoir le ministre.

D’autres rencontres prévues

Aucun signal décisif n’a pu en tout cas être donné hier par la commissaire européenne, assuraient plusieurs sources. Mais il y aura d’autres rencontres. La semaine prochaine, jeudi 6 avril, c’est la présidente Doris Leuthard qui fera le déplacement à Bruxelles pour rencontrer le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

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