«Le soleil ne se couche jamais sur l'empire de la promotion économique neuchâteloise», avait coutume de dire Karl Dobler, à la retraite depuis le début de l'année. Inconsciemment, le patron de l'Economie Francis Matthey a repris le symbole de l'astre de lumière pour s'exclamer: «L'économie neuchâteloise est ensoleillée et son ciel dégagé.»

L'ombre de Karl Dobler planait pourtant, vendredi au Locle, lors de la présentation du bilan économique 2000. Il n'avait pas été invité. «C'est comme pour les conseillers d'Etat, explique Francis Matthey. Il appartient souvent à celui qui arrive d'inaugurer ce qu'a pu entreprendre son prédécesseur.» C'est ainsi Pierre Comte, successeur de Karl Dobler (Le Temps du 7 juin), qui a fièrement annoncé que «la promotion économique exogène a acquis 50 projets en 2000, avec un potentiel de mille places de travail». Sans compter la création d'un autre millier d'emplois soutenus par la promotion endogène.

De nouvelles ambitions

Sans la grandiloquence de son prédécesseur auquel il sera toujours comparé, Pierre Comte a profité de sa première sortie officielle pour annoncer deux implantations: l'entreprise allemande TAN à Marin, qui fabrique des projecteurs pour visualisation en 3-D par ordinateur; et la société américaine Merisant qui s'installera à Neuchâtel, une entreprise du tertiaire qui commercialise des édulcorants. «C'est une affaire que j'ai menée à terme», se réjouit Pierre Comte, montrant que lui aussi sait faire venir des entreprises.

Il en est d'autant plus fier que Merisant, qui proposera une quinzaine d'emplois, correspond au nouveau type d'entreprises que Neuchâtel entend draguer. «Lorsque le chômage était très élevé, notre but était de faire venir des entreprises qui offraient de nombreux emplois, précise Francis Matthey. Notre volonté à présent est de cibler des sociétés qui renforcent notre diversification industrielle et proposent des postes à haute valeur ajoutée.» «Nous tenons compte ainsi, ajoute Pierre Comte, du marché du travail tendu et préconisons des postes de haut standing, susceptibles d'offrir des perspectives de carrières aux jeunes que nous formons.»