«Les chefs des Départements de l'économie de la Suisse occidentale partagent l'avis qu'une meilleure collaboration dans la promotion exogène à l'échelle de la Suisse occidentale est souhaitable.» Une formule lapidaire et tenant de l'évidence, pour tout commentaire à leur réunion de vendredi sur la promotion économique romande.

Les ministres en charge de l'Economie publique ont débattu pour la première fois de la proposition inattendue qui leur a été lancée fin avril par Genève et Fribourg: jeter les bases d'une promotion économique romande aux conditions fixées par ces deux cantons. Dans la lettre qu'ils avaient adressée à leurs collègues, le Genevois Pierre-François Unger et le Fribourgeois Michel Pittet remettent fondamentalement en question le mode de coopération réunissant actuellement Vaud, Valais, Neuchâtel et Jura (LT du 02.06.2006).

Huis clos

Le bref communiqué de la conférence ministérielle ne mentionne pas expressément la proposition de Genève et Fribourg. Mais il y a bien eu entrée en matière. Les magistrats ont «décidé d'examiner les modes de fonctionnement des différents systèmes d'acquisition qui coexistent dans les cantons membres, ce qui permettra de définir les potentialités de collaboration dans ce domaine».

Jusqu'à présent, la proposition de Pierre-François Unger et Michel Pittet n'avait guère suscité de réactions de la part de leurs collègues, qui l'avaient maintenue dans leur cercle étroit. Vendredi, les ministres romands ont réagi à sa publication dans la presse en préservant un véritable huis clos sur leurs travaux. Le Neuchâtelois Bernard Soguel, qui présidait, a diffusé un communiqué de dix lignes. La Vaudoise Jacqueline Maurer, qui recevait ses collègues à la Maison de l'Elysée, a refusé l'accès des photographes à la réunion. En optant pour en dire le moins possible, les ministres évitent le risque d'apparaître divisés.

La proposition d'une collaboration romande dans la promotion exogène est en soi souhaitable. Il est également clair que le nom de Genève est le meilleur label pour la région. Mais la teneur du message de Genève et Fribourg est d'une telle agressivité qu'elle ne peut manquer d'avoir fâché les autres cantons.

Tandis que Vaud, Neuchâtel, Valais et Jura se sont groupés dans le Développement économique Western Switzerland, Genève et Fribourg ont longtemps fait cavalier seul, avant de former à eux deux en 2004 un autre front. Tout ce que vous avez fait jusqu'ici était faux, disent en substance ces deux cantons aux quatre membres du DEWS. Au lieu de la superstructure développée par Francis Sermet et dont le contrôle échappait aux cantons, Genève et Fribourg proposent une simple mise en commun des agents à l'étranger et l'échange des possibilités d'implantation. Cela suffit-il à en faire un modèle alternatif crédible?