Jeudi soir à Sion, à l'occasion de l'assemblée de la section valaisanne de l'UDC, son président, Oskar Freysinger, a finalement renoncé à sa fonction de président de la section cantonale après l'enchaînement d'événements intervenus depuis deux semaines. Dénoncé en Valais par le député socialiste Yves Ecoeur pour des propos à caractère raciste sur les «macaques» dictateurs africains, dénoncé sur le plan suisse par le Blick pour sa «poésie» graveleuse sur Blanche-Neige et le Conseil fédéral, et enfin choqué par l'incendie de sa maison samedi soir dernier à Savièse, Oskar Freysinger a pris cette décision pour préserver sa famille: «Mon épouse et mes enfants sont choqués et désécurisés par les événements des dernières semaines», a-t-il communiqué vendredi.

Sa position d'enseignant d'allemand au Collège de la Planta était également devenue délicate. Les socialistes haut-valaisans entendaient d'ailleurs porter son cas devant le Grand Conseil, et ce même si le chef du Département de l'éducation, le radical Claude Roch, a estimé que, sur le strict plan scolaire, aucun reproche ne pouvait lui être fait. Mais Oskar Freysinger a toutefois observé que ses «adversaires» essayaient de monter les élèves contre lui: «Je ne peux plus enseigner dans la sérénité et je préfère donc démissionner (de la présidence de la section valaisanne de l'UDC, ndlr).»

Dans Le Nouvelliste d'hier, Oskar Freysinger tentait une justification de sa prestation poétique effectuée à Lupfig, dans le canton d'Argovie, à l'occasion de l'assemblée des délégués du parti: «C'est le Blick qui a monté le scandale. A aucun moment je n'ai voulu faire un poème sexiste ou viser les femmes. Je les admire trop, surtout mon épouse. J'avais simplement en tête de présenter sans fard le côté sale d'un pouvoir qui fait semblant d'être tout blanc.»

«Une bonne solution»

Il partirait ainsi de son plein gré, sans pression du parti national. Le secrétaire de l'UDC suisse, Ueli Maurer, déclarait ainsi à l'Agence télégraphique suisse (ATS) que son départ était «une bonne solution pour le développement du parti en Valais et pour Oskar Freysinger lui-même». Cette «bonne solution» s'inscrit cependant dans la perspective des élections nationales d'octobre 2003, à l'occasion desquelles l'UDC valaisanne espère bien ravir un des sept sièges que le canton compte à Berne. Objectif manqué de peu en 1999 avec quelque 9% des voix.

S'il quitte son poste de président de l'UDC valaisanne, Oskar Freysinger entend sans doute être de la partie pour le prochain rendez-vous. Il reste membre du parti, député au Grand Conseil, et tentera sans doute de figurer sur la liste du parti pour le Conseil national ou le Conseil des Etats. Pour le remplacer à son ancienne fonction, les délégués de l'UDC valaisanne ont nommé un nouveau président en la personne de Raphaël Filliez, jusqu'ici président de la section de Martigny. Celui-ci étudie les sciences politiques à l'Université de Lausanne. La section élargit du coup ses instances dirigeantes en nommant deux vice-présidents, Alphonse Ebiner et Narcisse-Paul Rosu.