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Aline Trede a accusé Alexander Tschäppät, alors maire de Berne, de lui avoir mis la main sur le genou. (Keystone)
© PETER KLAUNZER

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Propos grossiers et main sur le genou, les politiciennes suisses décrivent le sexisme ambiant

La vidéo qui montre Donald Trump tenant des propos très misogynes a libéré la parole des femmes jusque dans les sphères politiques suisses. L’ancienne conseillère nationale Aline Trede a ainsi décrit comment le maire de Berne lui avait posé la main sur le genou

Qui aurait cru que les remarques graveleuses de Donald Trump diffusées lors de la campagne présidentielle américaine révéleraient le comportement sexiste du maire de Berne?

Tout est parti de la vidéo dans laquelle Trump se vante de pouvoir faire tout ce qu’il veut avec les femmes, de les embrasser sans leur accord et les «attraper par la chatte» lors de la préparation d’une émission pour NBC en 2005. En plus de faire perdre de nombreux soutiens au trublion républicain, le scandale a libéré la parole des femmes victimes de harcèlement.

Un hashtag pour dénoncer les agressions

Sur Twitter, l’auteure canadienne résidant aux Etats-Unis Kelly Oxford a lancé un appel à témoins sur le sexisme et les abus sexuels avec le hashtag NotOkay. Ont suivi plusieurs millions de témoignages allant du viol à la remarque déplacée. Certaines femmes ont évoqué pour la première fois des attouchements subis dans leur enfance.

En Suisse alémanique, le mouvement a été suivi sous le slogan #schweizeraufschrei (Aufschrei veut dire cri). Il est apparu notamment en opposition à l’élue UDC Andrea Geissbühler. En évoquant la légèreté des peines pour viol, celle-ci avait déclaré à TeleBärn que les «femmes naïves» portent une responsabilité lorsqu’elles «amènent à la maison des inconnus, se laissent aller pour décider finalement qu’elles ne veulent pas de rapport sexuel».

A lire aussi: Des élues suisses alémaniques partent en guerre contre le sexisme ordinaire

Depuis, de nombreuses femmes politiques, surtout de gauche, ont décrit sur Twitter les propos déplacés dont elles ont été victimes. Comme la conseillère nationale socialiste Mattea Meyer qui a évoqué la fois où des collègues politiques lui ont demandé «à quand la publication de sa photo nue».

La presse alémanique a pris le relais dimanche et lundi en donnant la parole à des politiciennes. La conseillère nationale vert’libérale a évoqué dans «Aargauer Zeitung» une «culture patriarcale» généralisée.

L’ancienne conseillère nationale verte Aline Trede est allée plus loin en expliquant à l’antenne de TeleBärn que le socialiste Alexander Tschäppät, alors maire de Berne, lui avait posé la main sur le genou alors qu’ils siégeaient tous les deux dans un jury.

Les Romandes aussi témoignent

Dans 24 heures, quatre élues romandes témoignent elles aussi du sexisme ambiant. «Il y a parfois des allusions, des gestes, des effleurements ou des attitudes pseudo-affectueuses qui mettent mal à l’aise», explique Lisa Mazzone. «Au parlement, c’est une ambiance de caserne», ajoute la PLR Isabelle Moret.

En 2015, l’UDC avait tourné en ridicule dans une vidéo l’accusation de viol de la Zougoise Jolan Spiess-Hegglin par l’élu UDC Markus Hürlimann. Pas sûr que le parti oserait encore en rire aujourd’hui.

 

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