C’est l’issue – pour l’heure provisoire – d’une douloureuse affaire qui secoue le milieu de l’enseignement vaudois depuis plusieurs mois. Suspendu fin mars, suite à une lettre d’élèves l’accusant de propos déplacés et sexistes, un professeur de français du gymnase Auguste-Piccard, à Lausanne, a finalement été licencié avec effet immédiat le 29 juillet dernier par la Direction générale de l’enseignement postobligatoire (DGEP). Une sanction qui fait sortir de sa torpeur estivale l’Association vaudoise des maître-sse-s de gymnase (AVMG), laquelle dénonce vigoureusement ce mardi «la conclusion catastrophique […] d’un banal conflit scolaire entre un enseignant et un groupe d’élèves, qui aurait dû être traité par la direction, transformé en une véritable cabale destructrice».

Sidération et écœurement

Contacté, l’enseignant de 58 ans confie vivre «un cauchemar éveillé». Il se déclare «sidéré» et «écœuré» d’être traité de la sorte après 30 ans de service: «En quatre mois de suspension, je n’ai jamais pu rencontrer le directeur général, Lionel Eperon, ni la cheffe de département, Cesla Amarelle.» Il s’appuie notamment sur le rapport d’enquête demandé par la conseillère d’Etat à l’ancien juge François Meylan. Daté du 18 juin, celui-ci conclut à des faits certes «graves», mais «pas particulièrement graves». «Ce rapport donnait éventuellement à mon employeur de quoi formuler un avertissement, que j’aurais d’ailleurs pu contester, mais rien de plus», souligne, incrédule, le professeur.