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Christophe Reymond, directeur du centre patronal. 

Prévoyance vieillesse 2020

«Je proposerai à notre comité de soutenir la réforme»

Directeur général du Centre patronal, Christophe Reymond estime que la réforme des rentes issue du Parlement comporte plus d’avantages que de désavantages. Il proposera à son comité de la soutenir

Différentes organisations économiques sont amères suite à l’adoption de justesse par le Conseil national jeudi de la réforme Prévoyance 2020. L’Union patronale suisse rejoint le PLR et l’UDC en estimant que le projet manque sa cible, à savoir assainir durablement l’AVS.

Lire aussi: Et maintenant, la guerre des rentes se jouera devant le peuple

L’Union suisse des arts et métiers (USAM) fustige une réforme beaucoup trop «onéreuse»: «La jeune génération, les consommateurs et les PME paieront le prix de ce simulacre de réforme en devant s’acquitter de cotisations salariales et de TVA plus élevées», écrit-elle.

A Paudex, siège du Centre patronal, le ton se veut autrement plus conciliant. Entretien avec le directeur général de l’organisation économique vaudoise, Christophe Reymond.

Le Temps: Allez-vous combattre la réforme Prévoyance 2020 soumise au vote le 24 septembre prochain?

Christophe Reymond: Je ne suis pas fâché qu’on en arrive à un vote du peuple est des cantons au point où était parvenu le débat; cela participe du génie suisse. La position du Centre Patronal au sujet de cette réforme sera arrêtée jeudi prochain de manière officielle. Je ne suis pas seul à décider mais, sans vraiment d’états d’âme, je proposerai à notre comité de soutenir la réforme.

- Pourquoi?

- Nous avons analysé le projet de loi et estimons que cette réforme comporte des avantages non négligeables. L’abandon de l’augmentation – envisagée au départ – des cotisations pour les indépendants, la diminution du taux de conversion, la retraite pour tous à 65 ans, l’augmentation de la TVA contenue à 0,6 point, les compensations prévues dans le 2e pilier; tout cela est à ranger dans les points positifs.

Parmi les points négatifs, il y a bien sûr le bonus AVS de 70 francs et l’absence d’un frein aux dépenses. Le maintien des rentes pour veuves sans enfant et du supplément pour les retraités avec enfant nous prive par ailleurs de 600 millions de francs d’économies. Mais quand je mets le tout dans la balance, j’estime qu’il faut engranger ce qui est là. Cela fait vingt ans que nous vivons avec la 10e révision de l’AVS. Il faut avancer même si le projet sur la table n’est pas optimal et que nous savons qu’il faudra revenir avec les sujets qui fâchent le plus dans quelques années déjà.

- Un échec de la réforme coûterait cher. C’est aussi une question de responsabilité?

- Vous savez, on entend un peu trop souvent qu’il n’y a pas de plan B à tel ou tel projet! La vie est toujours plus compliquée qu’une loi. Mais je suis pragmatique et je défends une approche pointilliste, en mettant en avant les plus et les moins de la réforme.

- Vous semblez très philosophe. Votre approche tranche avec les positions défendues par le PLR et l’UDC qui ont fait de l’opposition à Prévoyance 2020 un enjeu stratégique. Comment l’expliquez-vous?

- Pensez-vous que les assemblées du PLR et de l’UDC adopteront une position négative sur la réforme au bout du compte? Qu’ils feront une grosse campagne? Je n’en suis pas sûr du tout. Montrer les muscles lorsqu’on négocie est de bonne guerre. Le PLR et l’UDC avaient de bonnes raisons de se montrer inflexibles; le PDC et le PS l’ont aussi été. Quant au résultat du vote populaire, il n’est de loin pas acquis. Lorsqu’à l’opposition de mouvements de gauche s’ajoutera celle de certains rentiers actuels qui comprendront que la hausse des 70 francs ne les concerne pas, il pourrait y avoir des désillusions.

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