Jean Schmutz, président du groupe socialiste au Grand Conseil, siège à la table ronde avec beaucoup de scepticisme. Son parti ne partage que du bout des lèvres l'objectif de redressement des finances et dénonce «le fort présupposé en faveur des économies» qui préside aux travaux.

«Jusqu'ici, la table ronde n'a été qu'une démonstration pour l'extérieur. C'est dans les groupes spécialisés qu'on verra si la méthode fonctionne vraiment et si l'exercice peut être bénéfique. Le Conseil d'Etat a raison de vouloir d'abord entendre les autres, mais nous savons qu'il a des propositions dans sa manche. Pour nous, la table thématique la plus importante sera celle de la fiscalité, domaine dans lequel nous allons centrer nos interventions. Nous proposerons de modifier l'imposition de la famille, de transférer au canton la totalité des impôts conjoncturels sur les gains immobiliers et les droits de succession. Nous soutenons les propositions écologistes sur la fiscalité verte. Dans le social, la santé et l'éducation, nous ne voyons pas où l'on pourrait encore réaliser des économies, ni comment on pourrait renoncer à telle ou telle mission de l'Etat.»

Jean Schmutz a un autre souci: ne pas se couper de sa base: «Il faut éviter de s'éloigner du sentiment général, comme cela a dû se passer à Genève et autour de la table ronde fédérale.» C'est pourquoi les délégués socialistes ont un groupe d'appui et rapportent à chaque fois aux instances de leur parti.

Y. R.