Le principe de milice est au coeur des institutions politiques suisses, mais une commune sur deux peine à trouver suffisamment de volontaires, observe la NZZ am Sonntag. Des communes sont parfois gérées par le canton ou élisent des citoyens contre leur volonté. L’Association des communes suisses (ACS) prend l’initiative, propose l’exonération de l’engagement politique dans les communes et demande que la Confédération s’engage dans la formation de conseillers communaux. Ulrich König, président de l’ACS, parle d’une «exonération des gains de l’activité de milice». Selon Ulrich König, environ 15 000 miliciens pourraient profiter de leur engagement politique à travers cette incitation fiscale.

Le modèle a déjà été introduit pour les pompiers. Leur solde a été exonérée depuis quelques années afin d’encourager le volontariat.

Le conseiller national Jean-Pierre Grin (UDC) a déposé en septembre un postulat aux chambres fédérales sur ce thème. Le maire de Pomy déplore que les séances de 2 à 3 heures s’accumulent pour des tâches de plus en plus complexes et un dédommagement d’à peine 50 francs . «Si l’on sait qu’une partie de cet argent va aux impôts, la motivation ne peut qu’en être réduite», fait-il valoir. Cette rémunération additionnelle suffit pourtant, dans certains cas, à passer à une tranche d’impôts supérieure.

La conseillère nationale Christine Bulliard-Marbach (PDC) a apporté son soutien à cette initiative ainsi que Kurt Fluri (PLR), président de l’Union des villes suisses.

La NZZ am Sonntag observe toutefois que certaines régions du pays préfèrent accroître le fardeau fiscal de leurs politiciens. Les cantons de Genève et Bâle-vile ont supprimé l’exonération des mandats au législatif. Et au parlement fédéral, la pression s’accroît pour une augmentation de l’imposition des élus. La conseillère nationale Susanne Leutenegger Oberholzer (PS) demande que les indemnités forfaitaires de 33 000 francs par an, qui sont exonérées, entrent dorénavant dans le calcul de l’impôt sur le revenu.