Commissions cantonales, meilleur suivi, qualification des travailleurs sociaux: plusieurs mesures pourraient contribuer à améliorer la protection de l’enfance. Sur la base d’une comparaison internationale, des experts formulent des recommandations.

Celles-ci sont reflétées dans les développements actuels, reconnaît un rapport publié jeudi par le Fonds suisse pour des projets de protection de l’enfance. Les propositions faites, issues de l’observation des systèmes australien, allemand, finlandais, suédois et britannique, n’en donnent pas moins des pistes pour progresser encore plus efficacement.

De meilleurs professionnels...

Chaque canton devrait disposer d’équipes de travailleurs sociaux qualifiés, responsables des familles à problème. Un enseignement professionnel spécialisé devrait être créé dans les universités. Ces dernières devraient être plus strictes et veiller à sélectionner les meilleurs étudiants se destinant au travail social.

Il faudra aussi s’assurer que les personnes travaillant auprès des enfants aient un casier judiciaire vierge, selon des règles identiques au niveau national.

Chaque canton devrait disposer d’une commission ad hoc, regroupant toutes les organisations concernées. Certains services hautement spécialisés pourraient être intercantonaux, par exemple pour la thérapie des victimes d’abus sexuels.

Un comité national permanent, représentant tous les gouvernements cantonaux, devrait passer en revue lois et politiques afin de dégager une cadre national, comme cela se fait en Australie. Il émettrait des lignes directrices pour les professionnels et il demanderait une évaluation de la prise en charge par l’Etat.

Et un meilleur suivi

Le cadre national devrait en outre fournir des données sur les résultats obtenus, ce qui nécessite d’attribuer à chaque enfant soutenu une personne de référence.

Suivant l’exemple du Royaume-Uni, un système de réunions rassemblant tous les professionnels travaillant avec les familles à problème et visant un suivi individualisé de chaque cas devrait être mis en place dans chaque canton. Les familles et les enfants doivent être systématiquement impliqués.

Un état des lieux et une vérification des méthodes utilisées par les travailleurs sociaux devraient permettre d’identifier les lacunes.

En juin, la Confédération s’est déclarée prête à délier les cordons de la bourse pour soutenir davantage les cantons dans la protection des enfants contre la violence familiale. Le Conseil fédéral entend conclure des accords dans ce sens dès 2014.